Test du Nikon Z 180-600mm f/5.6-6.3 | Le transtandard parfait pour l’animalier, pour pas cher

Posté par PUShAUNE le 3 novembre 2023

2 commentaires :)

Je teste aujourd’hui le 180-600 de Nikon en gamme Z. Que ce soit pour faire des photos animalières avec le brame des cerfs ; ou encore pour de la photo sportive ; j’ai décortiqué dans tous les sens cet objectif.

Le 180-600. C’est une optique que beaucoup de monde attendait sur la gamme Z.
Ou plutôt, on attendait un 200-500 comme sur la monture F, mais Nikon nous a surpris avec un range encore plus déconné et une ouverture variable, de 5.6 à 6.3.

On l’attendait avec impatience parce que cette optique nous promet pas mal de chose.
Avec ces 600mm, on est censé pouvoir faire de la photo animalière. Et d’assez loin quand même.
Mais en même temps, elle est aussi censé pouvoir s’utiliser à main levée.

Et tout ça, pour 2000 €.

Sur le papier, ça a l’air assez fou. Et on va voir ensemble si c’est le cas ou pas.

Taille et poids du Z 180-600mm

Niveau taille, on est pas si grand.
Si je le compare avec un 100-400 ou un 400mm 4.5 ; on est effectivement plus grand mais de pas beaucoup.
Il peut se ranger dans un sac standard comme l’everyday backpack, tant que le pare soleil n’est pas enclenché.

De gauche à droite : 400mm 4.5, 100-400mm, 70-200mm, 180-600mm

Si vous mettez le pare soleil, on est forcement plus grand mais ça passe sur un peak design. C’est pas trop gênant et je peux parler en connaissance de cause puisque je me suis tapé un bon 600 D+ pour aller photographier des cerfs.

De gauche à droite : 400mm 4.5, 100-400mm, 70-200mm, 180-600mm

Par contre, si on parle du poids, pour moi on est limite.
Il pèse 2140g avec le collier, et 1955g si vous l’enlevez.

C’est pas si lourd que ça, et vous pourrez l’utiliser à main levée.
Par contre, attendez-vous à fatiguer plus rapidement qu’avec vos autres objectifs.
En général, quand on fait le l’animalier, on marche. On marche beaucoup même.
Pour faire ces images, j’ai du me lever à 4h du matin, faire une approche d’une heure sans lumière par nuit sans lune, puis attendre encore plus d’une heure planqué sous une butte pour attendre que les cerfs pointent le bout de leurs truffe.

Ben après tout ça, j’étais rincé et j’avoue qu’après une 20aine de seconde d’utilisation à main levée, je commençais à trembler.

Et c’est pareil après une demi-journée de rando.
Là où je veux en venir, c’est qu’en animalier, on marche beaucoup et on se fatigue pas mal.
Et du coup, avoir une optique légère, c’est un vrai plus.
Ici, oui vous pourrez l’utiliser à main levée, mais attention quand même. Vous fatiguerez vite.

Ergonomie du Z 180-600mm

Point super cool, le zoom est interne.
Ça veut dire que quand vous allez changer votre focale, la taille de votre objectif ne vas pas changer.

Ça c’est top pour les photographes animalier qui font des affuts. Vous pourrez changer votre focale sans créer des mouvements qui pourraient être vu par les animaux que vous shootez, et donc vous serez encore plus discret.

On a aussi une course de focale très courte, de l’ordre de 60 degrés.
Là aussi, vous pourrez passer de 180 à 600mm rapidement, sans avoir à tourner et retourner et donc bouger comme des sagouins et vous faire repérer par la marmotte à qui vous tirez le portrait.

La bague de focale est située au centre du fut, mais c’est pas vraiment un soucis.
Comme je vous l’ai dit, cette optique est un poil lourde et vous devrez oublier la posture compacte avec elle.
Vous serez obligé d’avancer votre main gauche, et la bague de focale est donc bien placée.

Par contre, c’est pas le cas de la bague de mise au point.
Je la trouve trop petite, et trop proche.
Et c’est dommage parce que cette bague, vous allez devoir l’utiliser quand même pas mal de temps, mais on verra ça quand je parlerais de l’autofocus.

On retrouve aussi le sempiternel bouton personnalisable présent sur les 4 faces de l’objectif pour être tout le temps accessible, quelque soit votre position de shoot.

Bon, pour le moment l’ergonomie à l’air cool, mais c’est parce que j’ai pas encore abordé les points négatifs.

Et oui, le 180-600 n’est pas une optique de la gamme S-Line, et donc Nikon a fait des petites économies sur quelques détails.

Le pare soleil est pas ouf, surtout quand on le compare à celui du 400mm.
Il manque un revêtement en caoutchouc pour gagner en adhérence quand on le pose sur un support.
J’ai aussi l’impression qu’il est fragile, et j’ai peu qu’il casse au bout de quelques saisons.

Il manque aussi un écran LCD qui est pourtant bien pratique pour définir une valeur de focale précise.
Mais bon, c’est compensé par un affichage de la distance de mise au point dans l’EVF, donc c’est pas si grave.

Par contre, il y a un point vraiment pas ouf, c’est le collier de trépied.

Bon, je passe le fait qu’il ne soit pas Archa Swiss. Nikon ne fait pas de colliers de trépied compatibles Archa Swiss, mais ça n’est pas propre à ce modèle.
Non, ce qui est nul, c’est qu’on perd le système détachable pourtant présent sur le 70-200, le 100-400 et le 400mm 4.5.

Ici, on a un vieux système où on doit dévisser le tout, et retirer cette pièce qui est énorme et qui se cale trop mal dans un sac.
En plus, je suis sur qu’aucun constructeur tiers ne va s’amuser à nous pondre un collier Archa Swiss.
Du coup, je vais être obligé d’ajouter une platine sur le collier, et donc encore ajouter du poids.

Bref, vous l’aurez compris, je n’aime pas du tout ce collier de trépied.

Mais là encore, il faut garder en tête que cette optique n’est pas une optique S-Line, et qu’on a donc des effets de gamme.
Mais c’est relou.

L’ouverture est-elle suffisante ?

Le 180-600mm a une ouverture maximale comprise entre 5.6 et 6.3 :

  • à 180mm, vous pourrez ouvrir entre 5.6 à 32.
  • à 600mm, ce sera entre 6.3 et 36.

Et là, on serait en droit de se demander si 6.3 c’est suffisant.
C’est vrai qu’on aura pas un flou d’arrière plan de ouf avec une petite ouverture, mais ça sera compensé par une forte compression des plans, donc pour moi c’est pas rédhibitoire.
Si votre sujet est éloigné de l’arrière plan, ça passe carrément.
Après, s’il est plus proche, comme ici, ben forcément 6.3 c’est un peu juste.

Donc pour détacher un sujet, ça passe.
Par contre, là où vous allez être plus embêté, c’est pour les photos en low light.
Alors c’est pas impossible. Heureusement que le z9 encaisse assez bien la montée en ISO.

Piqué du Z 180-600mm

Un point qui m’a très agréablement surpris, c’est la qualité du piqué du 180-600.
Il est excellent, t je vous invite à regarder la vidéo en haut de l’article pour y voir des tests de mire.

Qualité du bokeh

Le 180-600mm dispose d’un iris à 9 lamelles, ce qui lui permet d’avoir des billes rondes au centre et en œil de chat sur les angles :

Un autofocus perfectible

On va maintenant parler de l’autofocus.
Et là, je dois avouer que mon avis est mitigé.

Sur des objets en mouvement, comme des oiseaux ou des motos, aucun soucis.
Le 180-600 accroche son sujet et ne le lâche pas. Et ce même si l’arrière plan est compliqué.

Par contre, des fois sur un sujet statique, alors même que moi même je ne bouge pas, ben l’autofocus va déconner.
Ça arrive souvent quand vous avez des plans assez rapprochés, et que vous shootez en longue focale.
Là, l’objo a du mal à savoir où faire la map et vous allez devoir revenir en manuel et utiliser le focus peaking pour gérer vous même la MAP.
Les vidéos que je vous montre ont du être faites en manual focus parce que dans ces conditions, l’objo était en carafe.

En ce qui concerne la rapidité, je le trouve pas mal.
Je vous montre un exemple de changement de MAP sur des plans plus ou moins éloignés pour que vous puissiez en juger par vous-même.

Donc voilà. Cet AF, je le trouve bien quand les conditions sont pas trop complexes. Mais dès que vous aurez des plans rapprochés, attendez-vous à devoir shooter en manuel.

Une excellente stabilisation

Cette optique est stabilisée, et heureusement Parce que 2Kg à bout de bras à 600mm sans stab, je peux vous dire que ça tremble.
Tous les plans que vous avez vu dans cette vidéo ont été réalisés à main levée, par un Nicolas sous-entrainé en manque de sommeil.
Et en vrai ça passe.
Et si en plus vous ajoutez une stab en post prod, ben là vous aurez des plans steady au possible.

Bref, cette optique se met vraiment en 4 pour que vous puissiez vous passer d’un trépied ou d’un monopode.

Filletage de 95mm des filtres

Dernier point, on va parler filtre.

On a ici un filetage de 95mm, attendez-vous donc a devoir investir plusieurs centaines d’euros dans chacun de vos filtres.
Et ne prenez que des filtres de très bonne qualité. Le 180-600 est un transtandard, il est donc capricieux et j’ai par exemple été très déçu du filtre UV de freewell qui explosait le piqué et niquait complètement l’autofocus.
Mais bon, fallait s’y attendre, en général avec les transtandards en longue focale, les freewell ils s’en sortent pas super bien.

Donc voilà, il faut savoir que si vous voulez équiper votre optique en filtre ND ou en filtre de protection, ben il va falloir passer à la caisse.

Utilisation en vidéo du 180-600mm gamme Z

Le 180-600 est parfaitement utilisable en vidéo.
Le focus breathing est quasi inexistant, que ce soit à 180mm ou à 600mm.
L’autofocus est silencieux, et il ne vibre pas non plus.
Bref, en vidé, je ne vois pas de red flag quand à l’utilisation de cette optique.

Conclusion

Avant de conclure, j’aimerais remercier Seb.
C’est ensemble qu’on est allés observer les cerfs en période de brame, et c’est aussi lui qui m’a initié à l’affut et à l’approche.
Clairement, sans lui je n’aurais pas pu faire les photos et les vidéos que je vous ai montrées, donc merci beaucoup Seb.
Et allez vois son insta si vous kiffez les bêtes à poil et à plume.

Bon, je vais commencer ma conclusion par le prix du 180-600 : 2000 €.
On va pas y passer par 4 chemins, c’est un prix tout à fait honnête pour ce qu’il fait.

Quand je regarde le 180-600, je me dis que c’est une optique de compromis.
J’imagine que les ingénieurs de Nikon avait une cahier des charges qui comprenait plusieurs contraintes : un poids à 2KG maximum, un prix sous les 2 000 € et un range à 600mm.
Du coup, ils ont du faire des compromis : une ergonomie pas oufi ouf, et une ouverture un poil trop fermée.
Mais par contre, sans toucher à la qualité optique puisque comme on l’a vu, le 180-600 a un piqué d’une excellente qualité.

Du coup, à qui il s’adresse cet objo ?
Clairement aux photographes animaliers qui veulent débuter sans se ruiner.
Avoir un 600mm avec un piqué pareil 2000 balles, c’est ouf.
Alors oui, on fait l’impasse sur l’ouverture, mais 2000 balles bordel.
Je vous met au défit de trouver mieux pour ce prix !

Perso, même si le 400mm 4.5 me fait de l’œil, je vais quand même garder ce 180-600.
J’ai kiffé pouvoir shooter à 600mm les cerfs à main levée, et tant pis, je vais devoir soulever de la fonte pour moins galérer l’été prochain.

Le 180-600 me semble être le digne successeur du 200-500 en gamme F. Et je met ma main à couper que ça va être un banger sur les années à venir.

Du coup, oui je vous le conseille, si vous gardez en tête ses petits défauts d’ergonomie et son ouverture pas incroyable.

Mais 2000€, c’est ouf.

Tu kiffes ? Alors partage avec tes potes !

2 commentaires

  1. Le , JANKOWIAK a dit :

    Merci pour ce test:je suis à la recherche d’un gros zoom pour éviter de prendre mon Sigma 500mm en voyage ,l’ouverture à 6,3 oblige de monter en iso;à voir avec un Z6II.

    • Le , Bernard Collery a dit :

      Je possède ce zoom que j’utilise depuis peu avec un Z9 qui monte bien mois en ISO que le Z6II. Il est très bon et très pratique.
      Avec le Z6II vous pourrez monter sans problème à 8000 ISO voir plus, avec un bon debruiteur genre DXO ou TOPAZ ça passe très bien.
      Je l’utilise surtout en billebaude, pour l’affut ou la station avec peu de déplacement j’utilise le 600 TC f4.
      Bien sur il y a une différence de piqué entre les deux mais le 180/600 est loin d’être ridicule.

Sois pas timide, lâche tes com’ !

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