Nikon Z 24-70mm f/2.8 V2 : test complet, comparaison V1 et avis terrain
Test terrain complet du Nikon Z 24-70mm f/2.8 S V2 : ergonomie, piqué, vidéo, autofocus, V1 vs V2 et vrai intérêt face au prix.
Remplacer un mauvais objectif, ça se comprend. Remplacer un objectif déjà considéré comme excellent, c’est une autre histoire. La première version du Nikon Z 24-70mm f/2.8 S faisait très bien le travail. Très bien, même.
Donc quand Nikon annonce une V2, la question n’est pas vraiment de savoir si elle est bonne. Ça, on s’en doute. La vraie question, c’est plutôt : est-ce que ce Nikon Z 24-70mm f/2.8 S V2 est suffisamment meilleur pour remplacer une référence ? Ou est-ce simplement une mise à jour destinée à cocher une case dans la gamme ?

Le 24-70mm 2.8 II utilisé sur un Ronin sur une prod pub.
Après plusieurs mois d’utilisation en photo et en vidéo, sur des projets publicitaires, du portrait, du clip et des tournages concrets, mon avis est assez clair : cette V2 n’est pas une petite évolution cosmétique. C’est un vrai changement de direction pour la monture Z.
Je n’étais pourtant pas spécialement fan de la première version. Je l’avais achetée, je savais qu’elle était bonne, mais je ne l’utilisais pas tant que ça. Je n’attendais donc pas grand-chose de cette V2. Et pourtant, au final, je l’adore.
Pourquoi le 24-70mm f/2.8 reste le “Money Maker”
Avant d’entrer dans le détail de cette V2, il faut rappeler pourquoi le 24-70mm f/2.8 est devenu un incontournable. Ce n’est pas l’objectif le plus sexy du monde. Ce n’est pas celui qui donne immédiatement une image spectaculaire. Mais c’est souvent celui qui sauve une production.
Une plage focale polyvalente
Avec une plage focale de 24 à 70mm, vous pouvez couvrir énormément de situations. Entre 24 et 35mm, vous avez du grand angle pour contextualiser un sujet. Vous montrez à la fois l’action et le cadre. L’image devient plus vivante, plus dynamique, parfois un peu moins sérieuse. Si vous voulez ajouter une touche plus funky ou plus estivale à une image, il suffit souvent de lâcher la longue focale et de repasser au grand angle.

Exemple de photo prise au 24mm avec le 24-70mm 2.8 II
À l’inverse, quand vous voulez isoler un détail ou donner plus de sérieux à une image, vous pouvez zoomer vers 70mm. Passé 50mm, la compression des plans casse l’aspect plus amusant du grand angle et permet de resserrer le regard.

Exemple de photo prise à 70mm.
C’est exactement ce qui rend ce type d’objectif aussi pratique : il permet de passer d’une image contextualisée à une image plus focalisée sans changer d’optique.

On a ici une photo prise au grand angle …

… puis un zoom à 70mm pour réaliser u focus produit.
Il y a aussi une raison beaucoup plus commerciale. Le 24-70mm se rapproche souvent d’une perception assez naturelle, notamment autour de 50mm. Les images produites avec cette plage focale ressemblent davantage à ce que l’on voit dans la vraie vie. Et quand on travaille pour des clients, c’est un avantage énorme.

Le 24-70mm 2.8 II utilisé sur une prod photo pub.
Bien souvent, les clients n’ont pas une culture de l’image très développée. Quand vous leur envoyez des photos avec une compression de perspective très marquée ou un grand angle outrancier, ça peut vite coincer. Entre 24 et 70mm, la prise de risque est beaucoup plus faible. Les images sont lisibles, rassurantes, faciles à vendre. C’est pour ça qu’on appelle cette focale le Money Maker. Parce qu’avec elle, vous allez vendre.

Exemple de photo prise avec la 24-70mm 2.8 II.

Exemple de photo prise avec la 24-70mm 2.8 II.
L’ouverture constante à f/2.8
L’autre gros intérêt, c’est l’ouverture constante à f/2.8. C’est suffisamment lumineux pour travailler en basse lumière, surtout avec des boîtiers modernes capables de monter facilement à 4000 ISO sans transformer l’image en bouillie.
f/2.8 permet aussi d’obtenir un joli flou d’arrière-plan pour détacher un sujet, sans pour autant oblitérer complètement le contexte. Avec du f/1.2 ou du f/1.4, on peut parfois tomber dans une séparation trop brutale. À f/2.8, on détache les plans, oui, mais on garde encore une contextualisation minimale.

En publicité, f/2.8 est de toute façon largement suffisant. On shoote rarement à pleine ouverture sur ce type de projet. On est souvent plutôt autour de f/5.6, voire f/11. Donc avoir f/2.8 sur toute la plage focale, c’est confortable, mais ce n’est pas une limite.
Le fait que l’ouverture reste constante de 24 à 70mm est surtout très pratique. En photo, vous n’avez pas besoin de compenser avec les ISO quand vous zoomez. En vidéo, vous n’avez pas de variation de luminosité en plein mouvement. En gros, le 24-70mm f/2.8 est l’optique parfaite pour l’inconnu. Si vous ne savez pas exactement dans quoi vous vous engagez, ou si vous savez que les conditions vont être compliquées, prenez un 24-70mm. Avec lui, vous savez que vous pourrez faire des images. Et des belles, en plus.
Ergonomie du Nikon Z 24-70mm f/2.8 S V2 : le vrai changement
Cette V2 améliore clairement la qualité optique, mais avant même de parler de piqué, il y a beaucoup de changements matériels. Et c’est là que Nikon montre le plus clairement la direction prise avec cette nouvelle génération.
675 g : un 24-70mm f/2.8 vraiment léger
La première chose qui choque quand on prend le Nikon Z 24-70mm f/2.8 S V2 en main, c’est son poids. Il ne pèse que 675 g, pour une taille de 142 x 84 mm. Pour un 24-70mm f/2.8 professionnel, c’est très léger. C’est même le plus léger des 24-70mm f/2.8 du marché, toutes marques confondues.

Taille du 24-70mm 2.8 II.
Sur le terrain, ce n’est pas un détail. En reportage, en mariage, sur une longue journée de production ou sur un Ronin, chaque gramme finit par compter. Un Ronin full riggé avec DJI Transmission, moniteur externe et accessoires, ça pèse son poids. Donc quand l’optique principale gagne en légèreté, le confort global du setup change vraiment.

Le 24-70mm 2.8 II monté sur un Ronin.
Un zoom interne pensé pour la vidéo
Sur cette version, le zoom est interne. L’objectif ne s’allonge plus quand vous changez de focale, contrairement à la V1. Ce choix a deux avantages directs :
- une meilleure tropicalisation, parce que l’objectif bouge moins vers l’extérieur ;
- un équilibre constant, quelle que soit la focale utilisée.
Sur gimbal, c’est un vrai changement. Une fois le stabilisateur équilibré, vous pouvez passer de 24 à 70mm sans devoir tout refaire. Avec la V1, le changement de focale modifiait l’équilibre, ce qui pouvait forcer un peu trop sur les moteurs, surtout avec un setup plus léger.

En photo, ce n’est pas forcément révolutionnaire. En vidéo, c’est beaucoup plus important. On sent immédiatement que cette V2 a été pensée pour des usages hybrides modernes, pas seulement pour rassurer les photographes historiques de la monture Z.
Le diamètre de filtre passe de 82 à 77mm
Autre détail très concret : la bague de filtre passe de 82 à 77mm. Nikon l’uniformise ainsi avec le 70-200mm f/2.8. Ça veut dire que vous pouvez mutualiser vos filtres et accessoires : ND variables, polarisants circulaires, filtres créatifs, matte box.

Ce genre de détail n’a l’air de rien sur une fiche technique, mais sur le terrain, ça simplifie vraiment la vie. Moins d’accessoires à acheter, moins de diamètres à gérer, moins de chances d’arriver sur un tournage avec le mauvais filtre dans le sac.
Un pare-soleil plus intelligent
Le pare-soleil monte lui aussi en gamme. Il gagne une petite porte qui permet de faire tourner un filtre ND variable, un polarisant circulaire ou un filtre à effet créatif sans retirer le pare-soleil. Et si vous n’utilisez pas de filtre, vous pouvez refermer l’encoche pour éviter les fuites de lumière.

Là encore, on n’est pas dans une amélioration spectaculaire. Mais c’est exactement le genre de micro-détail qui montre que l’objectif a été pensé pour un usage réel, avec des accessoires, des contraintes et des manipulations rapides.
La bague personnalisable devient enfin utilisable
Comme sur beaucoup d’optiques haut de gamme Nikon, on retrouve une bague personnalisable. D’habitude, je la désactive. Je n’aime pas ces bagues parce qu’elles sont souvent trop souples. Je les touche sans le vouloir, parfois sans m’en rendre compte, et je me suis déjà retrouvé à modifier mes ISO par accident. Résultat : plusieurs plans foirés pour une bague que je n’avais même pas envie d’utiliser.

Sur ce 24-70mm V2, Nikon a ajouté la possibilité de modifier son comportement. Avec un bouton, on peut passer d’un comportement fluide à un comportement cranté. En mode click, la bague émet un retour plus net à chaque valeur modifiée. Elle offre aussi plus de résistance, sans devenir dure au point d’être désagréable.
Et ça change tout. Parce que dès que vous touchez la bague, vous le sentez. Vous avez un retour qui vous dit, en gros : attention, vous venez de toucher un réglage. C’est la première fois que j’ai vraiment envie d’utiliser cette bague personnalisable sur une optique Nikon Z.
Petite mise en garde tout de même : si votre Z8 ou votre Z9 n’est pas à jour, cette fonctionnalité peut mal se comporter. Au lieu d’avoir un cran correspondant proprement à un tiers de diaphragme, vous pouvez vous retrouver avec des valeurs complètement incohérentes. Je me suis fait avoir lors de mon premier essai sur Z8. Une mise à jour du boîtier a réglé le problème.
Bague de focus et bague de zoom : le compromis photo/vidéo
La bague de mise au point reste fidèle à ce que Nikon fait habituellement : douce, précise, avec la possibilité de choisir un comportement linéaire ou progressif, ainsi que la plage d’amplitude. Rien de surprenant, mais c’est propre.
La bague de focale, en revanche, est plus clivante. Le vidéaste en moi l’adore, mais le photographe préfère celle de la V1. Sur la V2, elle est beaucoup plus dure. En vidéo, c’est une qualité : ça évite de changer de focale par inadvertance et ça permet d’être plus précis dans les effets de zoom ou de dézoom. Pour faire un effet à la Hitchcock, elle est même très agréable.

En photo, c’est moins évident. En reportage, on change souvent de focale rapidement pour suivre une action. Dans ce contexte, une bague plus souple peut être plus agréable. La V2 gagne clairement en contrôle vidéo, mais elle le fait au détriment d’un peu de confort en photo pure.
Les autres commandes utiles
On retrouve évidemment le bouton permettant de basculer de l’autofocus au focus manuel. Nikon ajoute aussi un commutateur de limite de mise au point. Avec lui, la distance minimale de mise au point est maintenue à une valeur constante, ce qui permet d’avoir un comportement plus stable pendant un zoom.

L’objectif propose aussi un bouton personnalisable disposé à deux endroits différents, pour être accessible aussi bien en cadrage horizontal qu’en cadrage vertical.

En revanche, cette V2 perd l’écran LCD. Personnellement, ça ne me dérange pas vraiment. J’ai l’impression que Nikon abandonne cette fonction sur ses dernières optiques, et honnêtement, je ne vais pas en faire un drame.

L’écran LCD de la V1 qui n’est plus présent sur la V2.
Qualité optique : un 24-70mm f/2.8 extrêmement homogène
C’est probablement le point qui m’a le plus surpris. Ce Nikon Z 24-70mm f/2.8 S V2 est peut-être le transtandard le plus qualitatif de toute la gamme Z. Rien que ça.
À 24mm, dès f/2.8, le centre est ultra sharp et les bords sont déjà très nets. Il n’y a que dans l’extrême bord qu’on commence à voir une très légère perte de piqué. Franchement, à pleine ouverture, le niveau est impressionnant.

Qualité du piqué au centre de l’image à pleine ouverture, à toutes les focales. Cliquez pour agrandir.

Qualité du piqué sur les cotés de l’image à pleine ouverture, à toutes les focales. Cliquez pour agrandir.
Et cette excellence reste constante sur toute la plage focale, à pratiquement n’importe quelle ouverture. À 70mm, à f/2.8 et sur les bords, l’image devient légèrement plus douce. Mais honnêtement, c’est très anecdotique.
Face au 24-70mm de première génération, qui était déjà très bon, la différence est nette. En courte focale, le piqué au centre est assez proche. Mais sur les bords, l’écart devient beaucoup plus visible. Et à 70mm, qui était la focale un peu molle de la V1, la différence se voit dès le centre.

Comparatif de la qualité du piqué au centre de l’image à pleine ouverture entre la V1 et V2 à 70mm. Cliquez pour agrandir.

Comparatif de la qualité du piqué sur les cotés de l’image à pleine ouverture entre la V1 et V2 à 70mm. Cliquez pour agrandir.
La vraie force de cette V2, ce n’est donc pas seulement d’être très piquée. C’est d’être très piquée et très homogène. Sur toute l’image. Sur toute la plage focale. Et ça, pour du paysage, de la publicité ou n’importe quel travail où l’on veut une précision élevée sur l’ensemble du cadre, c’est un énorme avantage.
Vignettage : peu marqué et surtout facile à corriger
Le vignettage existe, évidemment. Mais il reste assez minime. Et de toute façon, le vignettage se corrige très facilement en postproduction avec Capture One ou Lightroom.
Le point vraiment intéressant, ce n’est pas tant son niveau que son homogénéité. Sur ce 24-70mm V2, le vignettage reste assez similaire à 24, 35, 50 et 70mm. Là où beaucoup de transtandards affichent un vignettage plus prononcé en courte focale qu’en longue, celui-ci reste très régulier.
Et ça a une conséquence pratique. Si pendant un shoot vous avez mélangé plusieurs focales, vous pouvez créer un calque de réglage pour gérer le vignettage, puis l’appliquer à toute la session. Vous n’avez pas à vous embêter avec un réglage spécifique pour chaque focale. C’est le genre de détail qui fait gagner du temps. Et le temps, c’est de l’argent.
Flares : le traitement méso-amorphe et ARNEO fait le travail
En ce qui concerne les flares, on est très limité. Et je veux dire limité dans le bon sens : il y en a très peu. Le Nikon Z 24-70mm f/2.8 S V2 dispose d’un traitement méso-amorphe et ARNEO, et ça aide clairement.
Sur des photos avec le soleil dans le cadre, les flares restent très minimes. Pour réussir à les faire apparaître de manière évidente, j’ai dû projeter un 150 W avec un spotlight dans le noir, en studio. Là, oui, on les voit. Mais il faut rester honnête : dans la vraie vie, vous n’aurez quasiment jamais l’occasion d’utiliser l’objectif dans une situation aussi extrême.
Sur le terrain, les flares sont donc pratiquement absents. Sharp et chirurgical, je vous dis.
Bokeh : 11 lamelles, œil de chat et rendu très propre
Côté bokeh, on passe à un diaphragme à 11 lamelles, soit deux de plus que sur la V1. Le flou d’arrière-plan est crémeux, avec des transitions douces et progressives entre les plans.
Les billes de bokeh sont bien rondes, surtout au centre de l’image, avec un rendu propre et homogène. Comme souvent sur ce type de zoom, on retrouve un effet œil de chat sur les bords, avec des billes qui s’étirent un peu en périphérie.
Les goûts et les couleurs, on aime ou on n’aime pas. Personnellement, j’aime bien l’effet légèrement tourbillonnant que ça donne à certaines images. Si vous n’aimez pas, allez acheter le Plena.

À 70mm, on peut aussi percevoir un très léger effet d’oignon ring. Mais là encore, c’est discret et ça ne vient pas gâcher l’image. Au final, on est sur un bokeh excellent en grand angle et très bon en longue focale.
Focus breathing : l’un des gros arguments vidéo
Le focus breathing est l’un des points où Nikon a fait le meilleur travail. Pour ceux qui ne voient pas de quoi je parle, le focus breathing est une variation de cadrage qui apparaît quand vous changez la mise au point. L’image donne alors l’impression de zoomer légèrement toute seule. Ce n’est pas folichon.
Ici, c’est simple : ce 24-70mm est le transtandard avec le moins de focus breathing que j’ai pu tester jusqu’à aujourd’hui. Le phénomène est extrêmement bien contenu, au point de devenir quasiment inexistant sur l’ensemble de la plage focale.
En vidéo, c’est un énorme avantage. Les transitions de mise au point restent propres, l’image ne respire pas de manière visible, et l’immersion n’est pas cassée par un changement de cadrage parasite. Encore une fois, on sent que cette optique a été pensée avec la vidéo en tête.
Autofocus : pas juste plus rapide, surtout plus stable
Sur l’autofocus, Nikon introduit ici une nouveauté : c’est le premier zoom de la marque à embarquer le moteur à bobine acoustique Silky Swift, le fameux SSVCM. Ce moteur est censé offrir un autofocus plus rapide, plus précis et surtout plus stable.
Sur la détection des yeux, il n’y a pas grand-chose à reprocher. L’eye autofocus fonctionne extrêmement bien, en photo comme en vidéo, avec un tracking fiable et accrocheur. Mais pour être honnête, la V1 était déjà excellente sur ce point. Ce n’est donc pas là que j’ai vu la plus grosse évolution.

Là où ça devient vraiment intéressant, c’est dans le maintien du point quand on change de focale. Avec cette V2, vous pouvez zoomer ou dézoomer tout en gardant votre sujet parfaitement net, sans avoir à réajuster la mise au point une fois le mouvement terminé.
Et ça ouvre la porte aux zooms compensés, aux effets vertigo, aux mouvements à la Hitchcock. C’est un type de mouvement que j’utilise beaucoup en vidéo, mais avec certaines optiques, je perdais légèrement le focus au milieu du plan. Je partais net, je perdais le point, puis je le retrouvais à la fin.

Avec cette V2, ce n’est plus le cas. Le sujet reste net tout au long du plan, que ce soit avec l’eye autofocus ou avec le tracking 3D.
Au final, l’autofocus n’est pas juste “meilleur” que celui de la V1. Il est surtout plus cohérent avec une utilisation vidéo moderne. En photo, vous ne verrez peut-être pas une énorme différence. En vidéo, oui, clairement.
Stabilisation : l’absence de VR est le compromis assumé
Le point qui peut fâcher, c’est l’absence de stabilisation optique. Votre image sera évidemment stabilisée grâce à l’IBIS du boîtier, mais l’objectif n’ajoute pas de stabilisation interne.
À 24, 35 ou 50mm, ça ne me dérange pas trop. En grand angle, l’IBIS fait très bien le travail. À 70mm, ça commence à devenir plus embêtant.
Après, il faut aussi regarder le compromis dans son ensemble. Si Nikon avait ajouté une stabilisation interne, cet objectif aurait probablement été plus gros, plus lourd et surtout plus cher. Vu le poids, le zoom interne et le positionnement global de cette V2, c’est un compromis que j’accepte.
Sur le terrain, si vous avez besoin de stabilisation à 70mm, prenez un Ronin ou un saddle bag. Ça fera très bien l’affaire.
Distance minimale de mise au point : de la proxy très pratique
Autre point intéressant : la distance minimale de mise au point est très courte. Elle varie selon la focale :
- 24 cm à 24mm ;
- 27 cm à 35mm ;
- 30 cm à 50mm ;
- 33 cm à 70mm.
Concrètement, vous pouvez faire de la proxy avec ce 24-70mm. Et en nature, je trouve ça très cool. Le combo proxy + grand angle permet de s’approcher d’un sujet tout en gardant du contexte dans l’image. Ce n’est pas un objectif macro, mais c’est un vrai bonus créatif dans un usage terrain.
Nikon Z 24-70mm f/2.8 S V1 vs V2 : ce qui change vraiment
La comparaison entre la V1 et la V2 est centrale, parce que la première version était déjà très bonne. Nikon ne remplace pas ici une optique ratée. Il remplace une référence.
Premier changement très concret : le diamètre de filtre passe de 82 à 77mm. Avec la V1, si vous aviez aussi le 70-200mm f/2.8, vous deviez acheter certains filtres spécifiquement pour le 24-70mm. Avec la V2, vous pouvez mutualiser vos filtres. C’est plus simple et ça coûte moins cher.
Deuxième changement : le poids passe de 805 g à 675 g. Pour un 24-70mm f/2.8, c’est énorme. Sur une longue session ou sur un setup stabilisé, ça se ressent immédiatement.
Troisième changement majeur : le zoom devient interne. Contrairement à la V1, qui s’allongeait quand on changeait de focale, la V2 reste compacte. Cela améliore la tropicalisation et surtout l’équilibre. En photo, on peut presque s’en foutre. En vidéo, notamment sur gimbal, c’est un vrai game changer.
Le ressenti change aussi au niveau de la bague de zoom. La V1 était plus souple, très agréable en photo, mais parfois un peu trop sensible. La V2 est plus dure, plus contrôlée. C’est moins confortable pour du reportage pur, mais beaucoup plus précis en vidéo.
On perd l’écran LCD, mais on gagne une bague personnalisable crantée enfin utilisable. Et surtout, on gagne une qualité optique bien supérieure, un focus breathing beaucoup mieux maîtrisé et une cohérence globale plus moderne.
En fait, tous ces choix vont dans le même sens. La V1 était pensée avant tout pour la photo, dans un contexte où Nikon devait rapidement proposer des optiques pour sa monture Z. La V2 est beaucoup plus assumée. C’est un objectif clairement pensé pour la vidéo.
Prix du Nikon Z 24-70mm f/2.8 S V2 : 2879 €, ça pique
On ne va pas tourner autour du pot : cette V2 est chère. Très chère, même. On parle d’un objectif affiché à 2879 €, ce qui le place clairement dans le haut du panier, même pour un 24-70mm f/2.8 professionnel.
Alors oui, ce tarif s’explique. On est face à une optique assez exceptionnelle sur beaucoup de points : qualité optique, conception, zoom interne, autofocus, polyvalence, cohérence vidéo. Mais la vraie question reste simple : est-ce que ça vaut le coup ?
Pour un professionnel, la réponse est assez simple. C’est le genre d’objectif qui peut être rentabilisé très rapidement, parce qu’il couvre énormément de situations et qu’il peut littéralement devenir votre optique principale sur une grande partie de vos prestations.

De mon côté, il m’a fallu moins d’un mois pour le rentabiliser. Sur certaines productions, je me suis même surpris à l’utiliser à la place de mes focales fixes. Avant, j’avais presque toujours les 35mm et 50mm f/1.2 vissés à mon Z8 ou mon Z9. Sur mes dernières productions, j’ai parfois shooté à 90 % avec le 24-70mm.
Mais pour quelqu’un qui possède déjà la V1, la question est moins évidente. Les améliorations sont-elles suffisantes pour justifier un tel investissement ? C’est là que la réponse doit être nuancée.
Mon avis final sur le Nikon Z 24-70mm f/2.8 S V2
Au final, ce Nikon Z 24-70mm f/2.8 S V2 n’est pas une simple mise à jour. C’est une vraie évolution dans la manière dont Nikon conçoit ses optiques en monture Z.

On sent que cette V2 s’inscrit dans une deuxième vague. La première vague des optiques Z répondait à une urgence : Nikon devait rattraper son retard, rassurer les utilisateurs et proposer rapidement des équivalents solides aux optiques reflex. On a eu droit à des 24-70mm et 70-200mm très bons. Je ne vais pas cracher dans la soupe : ils étaient très bons. Mais il leur manquait quelque chose.
C’est d’ailleurs pour ça que je les ai boudés pendant des années au profit des focales fixes. Je reconnaissais leurs qualités, mais je n’avais pas vraiment envie de les utiliser au quotidien.
Avec cette seconde vague, que ce soit avec le 24-70mm ou le 70-200mm V2, Nikon ne cherche plus seulement à proposer des équivalents aux optiques reflex. La marque commence à exploiter pleinement les possibilités de la monture Z, avec une approche plus moderne et surtout beaucoup plus orientée vidéo.
La qualité optique est objectivement excellente, avec un piqué très élevé et une homogénéité impressionnante. Mais ce qui fait vraiment la différence, c’est la cohérence globale de l’objectif :
- l’autofocus reste stable même en zoomant ;
- le focus breathing est quasiment inexistant ;
- le zoom interne maintient l’équilibre ;
- le poids contenu facilite les longues sessions et l’usage sur gimbal ;
- les commandes sont plus adaptées à une utilisation hybride moderne.
Tout converge vers un usage vidéo. On ne va pas se mentir : cette optique a vraiment été pensée pour ça.
Faut-il remplacer le Nikon Z 24-70mm f/2.8 S V1 par la V2 ?
Si je devais répondre à la question posée au début, à savoir si ce 24-70mm est le meilleur du marché, ma réponse serait oui. Aujourd’hui, toutes marques confondues, il est très difficile de lui trouver un concurrent qui propose un niveau de performance aussi homogène, surtout avec une orientation vidéo aussi marquée.

Mais la vraie question, celle qui concerne directement ceux qui possèdent déjà la V1, c’est plutôt : faut-il remplacer votre V1 par cette V2 ?
Si vous êtes principalement photographe, la V1 reste une excellente optique. Elle fait encore largement le travail, et vous ne ressentirez pas forcément un gap suffisamment important pour justifier un investissement aussi conséquent. Parce qu’il ne faut pas oublier le prix : cette V2 est exceptionnelle, mais elle est aussi exceptionnellement chère.
En revanche, si vous faites de la vidéo, ou même un vrai mix photo/vidéo, là, le changement vaut le coup. C’est là que cette V2 prend tout son sens. C’est aussi là que j’ai été le plus surpris, parce que je ne m’attendais pas à ce qu’elle remplace autant mes focales fixes sur mes projets.

Aujourd’hui, quand je suis en publicité, dans des conditions rapides, et que je dois être efficace sans sacrifier la qualité, je pars très souvent avec ce 24-70mm V2 accompagné du 70-200mm V2. Ce duo me permet de couvrir quasiment toutes les situations sans me poser de questions.
Et honnêtement, je ne pensais pas que ça arriverait avec un transtandard. Cet objectif a réussi à me faire aimer le 24-70mm, alors que c’est une focale que je trouve habituellement assez fade. Arriver à me faire changer d’avis sur une optique, ce n’est pas rien.

Si vous faites surtout de la photo, gardez la V1. Si vous faites de la vidéo ou un usage hybride sérieux, la V2 mérite vraiment votre attention. Malgré son prix, c’est l’un des objectifs les plus cohérents que Nikon ait sortis pour la monture Z.









