Trouver Mon Photographe : mon avis de photographe après 5 mois
Trouver Mon Photographe m’a démarché avec une promesse de contrats et de formations. Voici mon retour d’expérience chiffré, honnête, et pourquoi j’ai résilié.
Aujourd’hui, on va parler de Trouver Mon Photographe, et je vais être très clair dès le départ : ceci est un retour d’expérience personnel. Ce n’est pas une enquête judiciaire, ce n’est pas une décision de tribunal, et ce n’est pas une vérité universelle sur tous les photographes inscrits sur Trouver Mon Photographe.
Je raconte ce que j’ai vécu, ce que j’ai reçu, ce que je n’ai pas reçu, et pourquoi, aujourd’hui, je ne conseille pas Trouver Mon Photographe aux photographes qui veulent signer sans avoir tout verrouillé par écrit.
Et comme le sujet peut vite partir en terrain glissant, je vais rester factuel. Pas d’accusation gratuite, pas de grand numéro de drama, pas de « tous pourris » balancé depuis le balcon. Juste mon expérience, mes chiffres, mes mails, et ce que j’en conclus.
Si Trouver Mon Photographe souhaite apporter une correction factuelle ou un droit de réponse, je l’ajouterai à cet article, à condition que la réponse porte sur des éléments vérifiables.
Qu’est-ce que Trouver Mon Photographe ?
Trouver Mon Photographe est une plateforme de mise en relation entre des porteurs de projets et des photographes professionnels. En gros, un client cherche un photographe, il passe par le site, et des photographes partenaires peuvent recevoir la demande.
Sur son site, Trouver Mon Photographe couvre pas mal de catégories : mariage, portrait, immobilier, événementiel, photo produit, drone, vidéo, formation, etc. Le site met aussi en avant des chiffres assez costauds : plus de 2 000 000 de visiteurs et 80 000 mises en relation annoncées. Source : site officiel de Trouver Mon Photographe.
Dans sa FAQ, Trouver Mon Photographe indique aussi que les photographes reçoivent en moyenne 20 demandes qualifiées et ciblées dans l’année, tout en précisant que ce nombre dépend des catégories, de la localisation et de la qualité des photos. Source : FAQ de Trouver Mon Photographe.
Dit comme ça, ça coche pas mal de cases. De la visibilité, des demandes, un peu de SEO, et potentiellement un nouveau canal d’acquisition. Sur le papier, ça sent le bon plan.
Sur le papier.
Pourquoi j’ai accepté de rejoindre Trouver Mon Photographe
J’ai été abordé par Trouver Mon Photographe pour figurer sur leur annuaire. Dès le départ, je n’étais pas totalement convaincu par la promesse de contrats photo.
Mon problème est assez simple : mon TJM est trop élevé pour la plupart des demandes que j’imaginais trouver sur ce type de plateforme. Je l’ai dit au commercial. Il m’a répondu qu’ils avaient régulièrement des demandes autour de 1 000 € par jour.
Très bien. Pourquoi pas. Mais, soyons honnête, ce n’est pas ça qui m’a fait signer.
Ce qui m’a intéressé, c’est autre chose : le commercial m’a expliqué que les photographes présents sur Trouver Mon Photographe pouvaient aussi devenir formateurs pour Trouver Mon Photographe. Et ça, pour moi, c’était beaucoup plus cohérent.
La formation m’intéresse. Je donne déjà des cours, j’aime transmettre, et je préfère largement vendre de la compétence que courir après des shootings à petit budget. Donc je me suis dit : les contrats photo, je n’y crois pas trop, mais si ça ouvre une porte côté formation, pourquoi pas.
Autre élément du modèle : l’abonnement à Trouver Mon Photographe peut être offert la première année si vous souscrivez à une formation. Ce point apparaît aussi dans leur documentation commerciale et dans leur logique CPF/formation.
Donc j’accepte. Pas parce que je pense que Trouver Mon Photographe va remplir mon agenda de shootings à 1 000 € la journée. Mais parce que j’espère que le volet formation peut déboucher sur quelque chose.
Spoiler : ça ne s’est pas passé comme ça.
Trouver Mon Photographe : 11 demandes en 5 mois, et alors ?
En environ cinq mois sur Trouver Mon Photographe, j’ai reçu 11 demandes de projets.
Dit comme ça, on pourrait se dire que ça va. Onze demandes, ce n’est pas zéro. Le problème, c’est qu’une demande ne vaut quelque chose que si elle est exploitable.
Dans mon cas :
- 3 demandes étaient trop loin géographiquement pour être pertinentes ;
- 1 demande concernait une collaboration gratuite ;
- le reste tournait autour de budgets proches de 100 € la prestation.
Faisons le calcul que le commercial n’a pas fait avec moi. Si j’avais accepté la totalité des 7 demandes à 100 €, travaillé gratos pour la huitième et ignoré les trois trop lointaines, j’aurais généré 700 € de chiffre d’affaires en cinq mois.
140 € par mois. Avant charges, avant matériel, avant déplacements, avant post-prod.
Je vous laisse comparer au SMIC. Puis comparer aux 1 000 € par jour évoqués au téléphone.
Et je précise, parce que c’est important d’être juste : je n’accuse personne d’avoir menti. Un commercial peut très bien citer un cas réel, mais exceptionnel. Ce que je constate, moi, c’est un écart considérable entre l’exemple qu’on m’a donné et ce que j’ai effectivement reçu.
Mais mon expérience est celle-ci : j’ai reçu des demandes, mais pas des demandes adaptées à mon positionnement, à mes tarifs, ni à ma zone de travail.
Et ce point n’est pas complètement isolé. Sur Trustpilot, Trouver Mon Photographe affiche une note globale plutôt positive, mais aussi une part non négligeable d’avis à une étoile. Le résumé Trustpilot mentionne notamment des retours sur des demandes inadaptées, des difficultés de contact avec certains prospects et un manque de résultats concrets. Source : avis Trustpilot de Trouver Mon Photographe.
Donc oui, Trouver Mon Photographe peut envoyer des demandes. Mais la vraie question n’est pas « est-ce que je vais recevoir des mails ? ». La vraie question, c’est : est-ce que ces demandes correspondent vraiment à mon activité ?
Dans mon cas, la réponse est non.
Les formations Trouver Mon Photographe : le vrai sujet qui m’intéressait
Le plus embêtant, pour moi, ce ne sont même pas les demandes photo à petit budget. Je m’y attendais un peu. Le vrai sujet, c’était la formation.
Lors de l’échange commercial, j’avais compris que je pourrais être contacté par le pôle formation de Trouver Mon Photographe. C’était l’argument qui rendait l’inscription intéressante dans mon cas.
Dans les faits :
- je n’ai pas été contacté par le pôle formation ;
- je n’ai reçu aucune proposition de mission de formation ;
- je n’ai signé aucun contrat de formation via Trouver Mon Photographe ;
- je n’ai eu aucun débouché concret sur cet axe.
Quand j’ai essayé de les contacter à ce sujet, la réponse que j’ai obtenue a été de reprendre contact avec un commercial via un formulaire.
Bon. On ne va pas se mentir, comme suivi personnalisé, j’ai connu plus flamboyant.
Là encore, je vais être prudent : je ne dis pas que Trouver Mon Photographe ne propose jamais de formations, ni qu’aucun photographe ne travaille jamais avec eux comme formateur. Je dis simplement que, dans mon cas, l’opportunité de devenir formateur, qui avait pesé dans ma décision, ne s’est jamais matérialisée.
Mon nom utilisé comme exemple commercial ? Ce que je peux dire
Deux photographes, qui ne se connaissent pas, m’ont contacté pour me dire la même chose : pendant leur démarchage, mon nom aurait été cité en exemple de photographe qui trouve beaucoup de contrats grâce à la plateforme.
Trois précisions, dans l’ordre :
- Je n’ai jamais donné mon accord pour être utilisé comme référence commerciale, sous quelque forme que ce soit.
- Si cette présentation m’a bien été attribuée, elle ne correspond pas à mon expérience.
- Je ne sais pas si ça relève d’une consigne, d’une initiative individuelle ou d’un malentendu, et je ne le prétends pas. Je constate juste que deux personnes m’ont rapporté la même chose, indépendamment l’une de l’autre.
Donc si mon nom a été utilisé pour raconter une success story, ce n’est pas ma réalité.
Et c’est aussi pour ça que j’écris cet article. Je veux que mon retour d’expérience existe quelque part, avec mes mots, pour éviter que mon profil soit associé à une réussite que je n’ai pas vécue.
Je ne suis pas un cas isolé : ce que disent les autres pros
Avant de publier, j’ai voulu vérifier si mon expérience était une exception. Réponse : non. Voici des sources publiques et vérifiables, que vous pouvez aller consulter vous-même.
L’alerte de l’Union des Photographes Professionnels
En novembre 2024, l’UPP (la principale organisation professionnelle des photographes en France) a publié dans sa rubrique juridique un article intitulé « Alerte arnaque (et rappels sur la rétractation entre professionnels) », consacré nommément à cette entité.
Le syndicat y explique que plusieurs de ses adhérents l’ont saisi après avoir été démarchés par téléphone avec une promesse d’apport de clientèle contre une cotisation annuelle de plusieurs centaines d’euros, et s’être retrouvés en difficulté juridique.
Il rappelle surtout deux trucs que tout freelance devrait avoir tatoué quelque part :
- Le droit de rétractation entre professionnels est bien plus restreint qu’entre un pro et un consommateur. Il ne s’applique notamment pas aux contrats conclus lors d’un démarchage téléphonique ou par internet.
- Arrêter unilatéralement ses prélèvements ne vous protège pas, au contraire : ça vous expose à une action en justice, même si vous estimez que l’autre partie n’a pas rempli ses obligations.
Lire l’alerte de l’UPP (article complet réservé aux adhérents)
Les avis publics des photographes
Sur Trustpilot et ailleurs, les retours de professionnels (à distinguer des avis de particuliers, globalement positifs, mais eux utilisent un service gratuit) décrivent des situations très proches de la mienne. Ce qui revient :
- des demandes reçues avec des budgets sans rapport avec une prestation professionnelle ;
- des leads peu ou pas qualifiés (un photographe spécialisé en architecture raconte avoir été incité à cocher un maximum de domaines d’expertise pour maximiser sa visibilité, ce qu’il analyse comme une méconnaissance du métier) ;
- des récapitulatifs de mises en relation qu’un abonné décrit comme ne correspondant pas aux demandes réellement reçues ;
- des personnes qui se sont retrouvées inscrites à l’annuaire via une formation financée (CPF, OPCO), avec des prises en charge décrites comme inférieures à ce qui avait été annoncé ;
- des difficultés de résiliation et des courriers d’avocat reçus après contestation.
Et sur le site frère Trouver Mon Architecte, les mêmes motifs reviennent chez les architectes et les décorateurs : reconduction tacite mal anticipée, leads jugés inexploitables, procédures de recouvrement. Même modèle, même structure, mêmes griefs.
Sources : Avis Trouver Mon Photographe sur Trustpilot · Avis sur GoWork · Avis Trouver Mon Architecte
Et les avis positifs ? Parce qu’il y en a
Oui, il y en a, et l’honnêteté impose de le dire. J’ai lu le témoignage d’un photographe expliquant avoir reçu des demandes qualifiées, décroché des prestations corporate, bénéficié d’un accompagnement pour optimiser sa fiche et constaté une meilleure visibilité SEO locale — en insistant bien sur le fait qu’il faut être proactif et relancer les leads.
Mon expérience n’invalide pas la sienne. Mais entre « un canal qui peut fonctionner si vous le travaillez beaucoup » et ce qui m’a été vendu au téléphone, il y a quand même un monde.
Résiliation Trouver Mon Photographe : ne prenez pas ce point à la légère
Le désabonnement à Trouver Mon Photographe mérite vraiment d’être lu avant de signer.
Dans la FAQ de Trouver Mon Photographe, le process est présenté simplement : il faut envoyer une lettre de résiliation en recommandé avec accusé de réception à l’adresse de LOOKING, au plus tard un mois avant le renouvellement. Source : FAQ de Trouver Mon Photographe.
Dans mon contrat, la logique est la même : engagement initial, tacite reconduction, courrier recommandé, délai à respecter. En gros, si vous laissez passer la date, vous risquez de repartir pour un tour. Et un tour, ici, ça veut dire une nouvelle période d’abonnement.
J’ai aussi reçu des témoignages de deux personnes indiquant avoir galéré à se désabonner, avec des échanges juridiques, lettres d’avocat ou mises en demeure. Je les mentionne comme témoignages reçus, sans pouvoir vérifier l’intégralité de leurs dossiers.
En revanche, il existe bien des décisions et procédures publiques montrant que des litiges de paiement ou de renouvellement ont déjà opposé des photographes à la société exploitant la plateforme.
Par exemple, un jugement du tribunal judiciaire de Strasbourg du 22 octobre 2025, publié sur le site de la Cour de cassation/Judilibre, concerne un abonnement « Trouver Mon Photographe », une facture de renouvellement, une mise en demeure et une demande en paiement. Dans cette affaire précise, la société demanderesse a été déboutée de ses demandes en paiement. Source : TJ Strasbourg, 22 octobre 2025, RG n° 24/07554.
Il existe aussi des décisions allant dans un autre sens, par exemple une affaire devant la cour d’appel de Montpellier dans laquelle une décision de première instance avait condamné une abonnée à payer une somme liée à un abonnement, l’appel ayant ensuite été déclaré irrecevable. Source : CA Montpellier, 29 janvier 2026, n° 24/03657.
Ce que ça montre ? Pas que Trouver Mon Photographe aurait systématiquement tort ou raison. Ça montre surtout qu’il faut prendre les clauses d’abonnement, de reconduction, de paiement et de résiliation très au sérieux.
De mon côté, je résilie. Proprement. Par écrit. Avec preuves.
Mon avis final sur Trouver Mon Photographe
Après cinq mois sur Trouver Mon Photographe, mon avis est assez simple : je ne recommande pas Trouver Mon Photographe aux photographes qui cherchent des contrats correctement rémunérés, qualifiés, compatibles avec une activité professionnelle exigeante, ou qui espèrent devenir formateurs sans engagement écrit précis.
Ce que je retiens :
- les demandes reçues ne correspondaient pas à mon positionnement ;
- les budgets proposés étaient trop bas pour mon activité ;
- certaines demandes étaient trop éloignées ;
- l’axe formation, qui m’avait intéressé, n’a donné lieu à rien de concret ;
- la résiliation demande de respecter strictement une procédure formelle ;
- je n’ai pas donné mon accord pour être cité comme exemple commercial positif.
Encore une fois : il existe des avis positifs sur Trouver Mon Photographe. Certains photographes peuvent probablement y trouver leur compte, notamment avec un positionnement tarifaire différent, une forte disponibilité commerciale, des prestations très locales ou des catégories plus demandées.
Mais pour mon activité, Trouver Mon Photographe n’a pas été un bon canal d’acquisition.
Ce que je conseille aux photographes qui se font démarcher
Peu importe la plateforme, ces réflexes valent pour tous les annuaires payants. Notez-les quelque part.
- Ne signez jamais pendant l’appel. Demandez le contrat, les CGV et le tarif par écrit, puis raccrochez. C’est exactement la recommandation de l’UPP. Un commercial qui accepte mal ce délai vous renseigne déjà pas mal.
- Lisez la clause de résiliation avant la clause de promesse. Durée d’engagement, préavis, modalité (courrier ? recommandé ?), date exacte de reconduction. Et notez cette date dans votre agenda le jour où vous signez. Pas trois mois après.
- Faites confirmer les promesses par écrit. « Vous serez contacté par le pôle formation », « on a régulièrement des projets à 1 000 €/jour » : demandez que ce soit dans le mail. Un engagement oral ne se prouve pas. C’est toute la différence entre un litige gagnable et un simple regret.
- Méfiez-vous du montage « formation offerte = abonnement gratuit ». Vous ne payez pas l’annuaire, vous payez une formation. C’est un contrat, avec des obligations, et une reconduction derrière.
- Vérifiez la cohérence entre l’audience de la plateforme et votre positionnement tarifaire. Un annuaire qui capte des demandes de particuliers à 100 € ne vous apportera pas de clients à 1 000 € la journée. Quel que soit votre talent.
- Ne bloquez jamais vos prélèvements de votre propre initiative. C’est le piège classique : vous vous mettez juridiquement en tort et vous ouvrez grand la porte à une action contre vous. Passez par un avocat, votre protection juridique, ou votre syndicat.
- Adhérez à un syndicat (UPP ou autre). La cotisation annuelle est dérisoire face à un seul litige, et eux voient passer ces dossiers en série.
Conclusion : je ne recommande pas Trouver Mon Photographe aux photographes
Mon bilan, en toute transparence :
- 11 demandes en 5 mois, dont 0 exploitable à mes tarifs ;
- 700 € de CA potentiel maximum, soit 140 € par mois avant charges, si j’avais tout accepté ;
- aucune mise en relation avec le pôle formation, alors que c’était ma raison principale de signer ;
- un service client qui m’a renvoyé vers un formulaire commercial ;
- une résiliation par courrier recommandé avec préavis d’un mois ;
- mon nom utilisé comme argument commercial sans mon accord, sur la base d’une information fausse.
J’ai résilié. Et je ne recommande pas Trouver Mon Photographe aux photographes professionnels.
Je ne dis pas que la plateforme n’apporte rien à personne. Certains y trouvent leur compte : photographes en début d’activité, prestations grand public à petit budget, et à condition d’accepter un boulot de relance permanent. Si c’est votre modèle économique, l’équation peut se discuter, et je ne vais pas vous faire la leçon.
Mais si vous avez un tarif journalier construit, une spécialité et des clients pros : l’argent et le temps que vous mettriez là seront mieux investis ailleurs. Votre référencement local, un site qui convertit, votre réseau, votre bouche-à-oreille. Ce sont des actifs qui vous appartiennent. Un profil sur un annuaire, non : le jour où vous arrêtez de payer, il disparaît.
Voilà. C’était moins joyeux qu’un test d’objectif, mais je crois que c’était utile.
Prenez soin de vos tarifs ;)
Droit de réponse
Cet article relate mon expérience personnelle et documentée. Si la société éditrice de Trouver Mon Photographe estime qu’un élément factuel est inexact, je m’engage à examiner tout élément contraire et à publier une rectification ou sa réponse en bas de cet article. Ma boîte mail est ouverte.