Comment photographier une série portraits sous l’eau en piscine ?
Vous vous demandez comment on réalise une série photo comme celle-ci sous l’eau ? Entre le choix du matériel, la gestion de la lumière, le cadrage et le rythme de la séance, la photo sous-marine demande une préparation assez spécifique.
Voici les trois points essentiels à prendre en compte pour réussir ce type de shooting.
Choisir un objectif grand-angle
Premier point important : le grand-angle.
Quand vous shootez en piscine, l’espace est souvent assez réduit. Si vous voulez faire entrer correctement le sujet dans votre cadre, il faut donc partir sur une focale courte, idéalement 24 mm ou moins.

Même si la piscine de Chan était déjà bien grande, le grand-angle reste indispensable pour obtenir une image lisible, immersive et dynamique.
De mon côté, j’utilise le 20 mm f/1.8 de Nikon, qui est vraiment parfait pour ce genre de prise de vue.
Pourquoi le 20 mm fonctionne si bien sous l’eau ?
Le 20 mm permet d’être proche du modèle tout en gardant beaucoup d’espace dans l’image. Il apporte aussi cette légère déformation propre au grand-angle, qui donne un rendu plus graphique et plus impactant.
Sous l’eau, cette proximité est précieuse : plus on est proche du sujet, plus on limite la perte de contraste, les particules visibles et les couleurs trop dégradées.

Utiliser un vrai boîtier et shooter en RAW
Second point : l’appareil photo.
Sous l’eau, les couleurs sont complètement faussées. Plus vous descendez en profondeur, plus les rouges disparaissent, et plus l’image tire vers le bleu.
C’est pour cette raison qu’il est essentiel de shooter en RAW. Ce format permet de récupérer les tons de peau en post-production, de corriger la balance des blancs et de garder un maximum d’informations dans l’image.

La dynamique du boîtier est aussi très importante. En piscine extérieure, vous pouvez avoir à la fois du soleil direct et des ombres très marquées dans le cadre. Il faut donc un appareil capable d’encaisser ces écarts de lumière.
Pour ce type de projet, mieux vaut donc laisser les action cams de côté et prendre son meilleur boîtier. De mon côté, c’est le Nikon Z9 qui m’accompagne sous l’eau.
Protéger le matériel avec un caisson adapté
Évidemment, un boîtier comme le Z9 ne va pas dans l’eau sans protection. Il était donc installé dans un caisson Nauticam, indispensable pour travailler sereinement et protéger le matériel.
Si vous voulez en savoir plus sur ce caisson, j’en ai fait un article dédié ici.
Voir correctement ce que l’on cadre
Dernier point, et probablement l’un des plus importants : voir ce que vous cadrez.
Sous l’eau, cadrer correctement n’est pas toujours simple. Entre le masque, les reflets, les mouvements du modèle et la position du caisson, l’écran d’un hybride devient vite insuffisant.
J’avais donc un moniteur externe, et c’est sans doute le meilleur conseil que je puisse donner à quelqu’un qui veut se lancer dans la photo sous-marine.
Un moniteur externe permet de mieux composer, de vérifier les bords du cadre, de suivre le modèle plus facilement et d’éviter beaucoup d’erreurs pendant la prise de vue.
Le plus compliqué : le rythme du shooting
En réalité, le plus difficile dans ce genre de séance, ce n’est pas seulement le matériel. C’est surtout le rythme.
Il faut descendre, faire une série de photos, remonter, respirer, puis recommencer. Chaque passage sous l’eau est court, donc il faut être efficace.
Il faut aussi anticiper les mouvements, gérer la lumière naturelle, éviter les cheveux devant le visage, les bulles au mauvais endroit, les cadrages coupés ou les poses qui ne fonctionnent pas.
Ce sont souvent de petits détails, mais chacun d’eux peut suffire à ruiner une image.
Quand tout s’aligne
Mais quand tout fonctionne ensemble, le résultat peut être vraiment magique.
La pose, les reflets, la lumière, le cadrage et le mouvement de l’eau créent une ambiance très particulière, presque irréelle.
C’est précisément ce que j’aime dans la photo sous-marine : cette impression de suspendre le temps, avec des images impossibles à reproduire exactement deux fois.
Crédits
Un immense merci à @chan.petitemodel pour avoir posé avec brio et pour nous avoir prêté sa piscine.
Merci également à @sophie_aynaud pour les BTS et pour son assistance pendant toute cette journée.