Test des NiSi JetMag Pro après trois mois de tournage : les meilleurs filtres magnétiques du marché

Posté par PUShAUNE le

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Une caméra à 4 000 balles, une optique à 3 500, et devant, un filtre à 20 euros acheté sur Amazon. C’est absurde, mais on voit régulièrement ce genre de configuration. Il est temps que vous choisissiez mieux vos filtres.

Trois mois de test des NiSi JetMag Pro sur de vraies productions

La transparence habituelle : NiSi m’a fourni gratuitement le kit variable. En revanche, j’ai acheté le kit Filmmaker avec mes petits deniers. Je ne me voyais pas tester uniquement le variable sans le confronter aux filtres fixes du même système. Aucun brief de la marque, aucune validation du contenu avant publication.

Gros plan sur un filtre d’objectif photo circulaire marqué « NiSi JetMag Pro »

J’ai utilisé ces filtres pendant trois mois, de juin à août, essentiellement en vidéo : productions publicitaires, BTS et tournages YouTube. On parle donc de journées de travail en plein été, à Marseille et ailleurs, avec les contraintes qui vont avec. Le genre d’usage qui permet de découvrir les petites frustrations qu’on ne voit pas en ouvrant une boîte.

J’ai aussi monté un banc de test pour examiner la couleur, le vignettage, le piqué et les densités. L’ergonomie magnétique est une chose, mais si le filtre flingue l’image, tout le reste perd assez vite de son intérêt.

Comment fonctionne le système magnétique JetMag Pro ?

Le principe de départ est simple : vous vissez une bague d’adaptation sur votre objectif, puis les filtres viennent se fixer magnétiquement dessus. Cette bague peut rester en permanence sur l’optique. Une fois installée, vous passez d’un filtre à l’autre sans avoir à revisser tout le bazar.

Photographe ajustant l’objectif d’un appareil photo reflex

La particularité du système décrit dans ce test, c’est l’organisation autour de quatre formats : 49MAG, 67MAG, 82MAG et 95MAG. Chaque format possède ses propres bagues d’adaptation. Quatre formats de filtres ne signifient donc pas seulement quatre diamètres d’objectifs compatibles.

  • Le 49MAG couvre les petits diamètres à partir de 39 mm dans la gamme décrite.
  • Le 67MAG descend notamment jusqu’au 52 mm.
  • Le 82MAG couvre les diamètres 62, 67, 72, 77 et 82 mm avec les bagues correspondantes.
  • Le 95MAG permet de couvrir les plus grosses optiques ; mon script présente les adaptations de 77 à 95 mm.

Il faut vérifier la bague exacte avant d’acheter : ce sont des diamètres précis, pas une bague universelle qui s’étendrait magiquement entre deux valeurs. Il faut aussi distinguer les formats MAG du système et le diamètre du filetage de l’objectif.

Pourquoi j’ai choisi le 82MAG

De mon côté, le 82MAG est compatible avec mon 105 mm macro et mes focales fixes qui ouvrent à f/1,2. Avec un seul jeu de filtres, je couvre donc une bonne partie de mon parc. Il me manquait simplement la bague de 62 mm pour mes Simera-C : elle n’était pas incluse dans le kit Filmmaker et je l’ai achetée séparément pour une vingtaine d’euros.

Le kit Filmmaker 82MAG est annoncé avec les bagues 67, 72, 77 et 82 mm. C’est pratique, même si l’absence de la 62 mm m’a fait râler. Ce n’est pas vingt euros qui vont ruiner un tournage, mais quand vous recevez un kit, c’est agréable de pouvoir l’utiliser directement sur les optiques prévues.

J’ai ensuite acheté plusieurs jeux de bagues pour en laisser sur plusieurs objectifs en même temps. Sur un tournage à deux boîtiers, je fais passer les filtres de l’un à l’autre en quelques secondes, sans démonter les adaptations. C’est là que le système prend vraiment son sens.

Le problème des bagues vissantes que je ne regrette pas

Personnellement, je déteste le conseil qui consiste à tout acheter dans un grand diamètre, puis à multiplier les bagues d’adaptation vissantes. Sur le papier, c’est économique. Dans la vraie vie, on finit par serrer trop fort un ensemble et par garder une bague coincée sur un filtre.

Et quand ça arrive sur un Tiffen à 350 balles, ça fout les boules. Oui, ça m’est arrivé. Oui, j’ai encore le seum.

J’avais donc pris l’habitude d’acheter mes filtres au diamètre de chaque objectif. Mais avec trois ou quatre diamètres différents, l’addition monte très vite. Le JetMag me permet de mutualiser les filtres, de conserver une vraie souplesse et de ne plus visser deux filtres l’un dans l’autre. Au quotidien, cette petite différence change beaucoup de choses.

Verrouillage des JetMag Pro : le vrai point fort de l’ergonomie

L’argument le plus convaincant du système, pour moi, c’est le verrouillage mécanique. Vous posez le filtre sur la bague, puis vous le faites tourner pour aligner les repères et le verrouiller. L’aimant n’est plus seul à assurer la retenue : le verrouillage prend le relais.

Sur le terrain, c’est très rassurant. Les aimants sont déjà puissants, mais pouvoir verrouiller l’ensemble fait une vraie différence quand on manipule le matériel rapidement. Les filtres peuvent aussi s’empiler, avec un verrouillage entre les éléments.

J’ai utilisé les miens pendant l’été à Marseille, en plein cagnard. Je n’ai pas constaté de perte de tenue ni de filtre qui se décroche dans ces conditions. Je parle ici de mon expérience de tournage, pas d’une certification thermique. Mais vu les étés qu’on se paie, un système qui reste fiable au soleil, je prends.

Repérage par couleur et rangement

Les poignées sont de couleurs différentes selon le type de filtre. On identifie donc rapidement un ND ou un Black Mist dans le sac, sans devoir lire une petite gravure. Les cerclages métalliques inspirent également confiance : l’ensemble donne une vraie impression de solidité.

La pochette fournie est robuste et bien pensée. Les filtres peuvent être empilés pour occuper moins de place, les protections métalliques couvrent les faces extérieures de la pile, et les bagues trouvent leur place dans les compartiments. Le mousqueton est pratique quand je pars à vélo ou sur une prestation run and gun : je peux garder les filtres accessibles plutôt qu’au fond du sac.

Le bémol, c’est la place. Dès qu’on complète le kit avec plusieurs filtres et des bagues supplémentaires, la pochette se remplit vite. Il faut prévoir une deuxième housse ou une autre organisation si l’on équipe plusieurs caméras.

Quels filtres trouve-t-on dans la gamme NiSi JetMag Pro ?

Investir dans un système fermé n’a d’intérêt que si la gamme peut accompagner vos besoins. Sur ce point, NiSi propose beaucoup de choses. Les disponibilités ci-dessous correspondent à la gamme décrite pendant mon test et dépendent du format MAG choisi.

ND fixes, variable et filtres dégradés

La gamme de ND fixes présentée va de 1 à 16,6 stops, avec notamment les valeurs 2, 3, 4, 6, 10 et 15 stops. Le filtre le plus dense cité associe la réduction de lumière à un filtrage UV et infrarouge. Le kit Filmmaker 82MAG, lui, contient selon NiSi des ND4, ND8 et ND16, soit 2, 3 et 4 stops, ainsi qu’un Black Mist 1/8.

Le ND variable True Color couvre 1 à 5 stops. Il s’adresse particulièrement à ceux qui travaillent en run and gun et veulent ajuster l’exposition sans changer de filtre entre deux plans.

Pour le paysage, on trouve aussi des GND de 3 stops, medium et soft. Le système propose un porte-filtre magnétique de 100 mm pour utiliser des dégradés rectangulaires classiques. C’est assez éloigné de mon usage vidéo, mais c’est une ouverture intéressante pour les photographes qui veulent travailler avec plusieurs types de filtres.

Polarisation, diffusion et effets créatifs

Les classiques sont présents : CPL, UV et UV/IR Cut. La diffusion est elle aussi bien représentée, avec des rendus différents selon ce que vous cherchez.

  • Black Mist 1/4 et 1/8.
  • Black Magic Diffusion 1/4.
  • Pure Mist, associé dans mon script à la famille des White Mist.
  • Glow Mist, également évoqué sous le nom Star Soft.
  • HDF 1/2, une diffusion des hautes lumières destinée à agir sur les zones les plus claires.

Pour l’astrophotographie, le Natural Night vise les longueurs d’onde de la pollution lumineuse. Et pour ceux qui aiment les effets créatifs, le Cross Screen 4x transforme les sources ponctuelles en étoiles à quatre branches. Un peu kitschoune à mon goût, mais pourquoi pas. Avec un Mist 1/4, il y a de quoi tenter un joli rendu Amour, gloire et beauté.

Le script mentionne enfin des filtres monochromes jaune, orange et rouge, pour travailler le contraste en noir et blanc dès la prise de vue. Ils étaient proposés en 49MAG dans la gamme examinée, donc plutôt pour les petits diamètres et les compacts.

Tous les filtres ne sont pas disponibles dans toutes les tailles. Dans le catalogue décrit pendant le test, les GND cités étaient en 82MAG, tandis que les ND fixes du 49MAG se limitaient aux 3, 6 et 10 stops. Vérifiez vos besoins avant de choisir un format : entrer dans l’écosystème ne donne pas automatiquement accès à chaque référence.

Qualité optique des ND fixes : mon protocole de test

Pour comparer les filtres, j’ai tourné sur une Nikon ZR avec le 24–70 mm f/2,8 II, sur mire en studio et avec une lumière stable. L’ouverture, la balance des blancs et les ISO restent fixes. Je ne change que la vitesse pour compenser la densité du filtre.

Caméra montée sur trépied face à une mire de calibration dans un studio insonorisé

L’idée est de faire varier le filtre et de garder le reste aussi constant que possible. Je voulais vérifier quatre points : la couleur, le vignettage, le piqué et la densité réelle. Et celui qui compte le plus dans mon travail vidéo, c’est la constance de la colorimétrie.

Pourquoi une petite dérive peut devenir un gros problème en vidéo

Une dominante de couleur sur un plan isolé, on peut souvent la corriger assez vite. Mais une vidéo, c’est une succession de plans tournés dans des conditions différentes, parfois avec plusieurs configurations. Si chaque filtre dévie dans une direction différente, les raccords deviennent beaucoup plus pénibles à gérer.

J’ai par exemple tourné du sport automobile avec, d’un côté, des plans de roulage à pleine ouverture en plein soleil, et de l’autre, des plans de détail dans les paddocks. Pour garder une vitesse proche de 1/50 s, il peut falloir un ND très dense dans le premier cas, alors que deux ou trois stops suffisent dans le second.

Un photographe équipé d’un téléobjectif observe la piste du circuit Paul Ricard à travers une barrière

Si l’un de ces filtres réchauffe l’image et l’autre la refroidit, je récupère au montage des couleurs différentes sur un même sujet. Et quand plusieurs configurations tournent la même scène, ce sont autant de corrections à raccorder. Ça devient vite une tannée.

Une dérive constante est beaucoup plus facile à intégrer à un workflow qu’une dérive qui change avec chaque filtre. Si la dominante est connue et régulière, je peux préparer une correction et la réutiliser dans des conditions comparables. Si elle change de sens d’une densité à l’autre, je dois connaître et corriger chaque élément du set.

Color shift des ND fixes : une cohérence qui me déçoit

On commence par les bonnes nouvelles : les Mist ne m’ont pas montré de dérive notable, le CPL non plus, et le ND8 se comporte très bien. Ensuite, ça se complique.

  • ND16 : dérive vers les tons chauds.
  • ND64 : légère dérive vers les tons froids.
  • ND1000 : forte dominante bleue.

Ce qui me gêne surtout, c’est le changement de direction. Avec un filtre très dense, je m’attends à devoir surveiller la couleur. Mais ici, un ND réchauffe, le suivant refroidit et le dernier produit un bleu beaucoup plus marqué. Je ne peux donc pas traiter le set comme un ensemble homogène.

Sur une journée où je change plusieurs fois de densité, je dois gérer plusieurs corrections sur une même séquence, avec le même sujet et la même lumière. Ce n’est pas la fin du monde, mais ça ajoute précisément le travail d’étalonnage que j’espérais éviter.

Je ne dis pas que les fixes sont mauvais. Avec le ND8, je suis tranquille. Je dis que leur cohérence colorimétrique ne correspond pas à ce que j’attendais en investissant dans ce système. Et après avoir placé beaucoup d’espoir dans la promesse True Color, je suis forcément un peu déçu.

Vignettage, piqué et densités : les ND fixes font du bon travail

Vignettage

En ce qui concerne le vignettage, je n’ai pas grand-chose à reprocher aux filtres fixes testés. Il est pratiquement inexistant et reste homogène quand il se manifeste légèrement. Sur ce point, le comportement est facile à vivre.

Piqué

Le piqué est lui aussi excellent. Je ne vois pas de différence de définition entre l’image avec ND et l’image sans filtre dans mes comparaisons. Le Mist 1/8 ne montre pas non plus de perte de définition en dehors de l’effet de diffusion recherché.

Le polarisant demande une petite nuance : il est excellent au centre, mais je vois une très légère perte sur les bords. On est vraiment dans le pinaillage. Sur le terrain, particulièrement en vidéo avec du mouvement et du flou de bougé, je ne considère pas ce point comme gênant.

Densités réelles des filtres NiSI

J’ai également comparé les densités réelles à celles annoncées par NiSi. Une densité qui ne correspond pas à l’étiquette peut fausser la compensation d’exposition que l’on pense appliquer, sauf à tout revérifier sur mire. Et en run and gun, on n’a pas toujours envie de sortir la mire à chaque changement.

Bonne nouvelle : les valeurs annoncées correspondent à mes mesures, au tiers de diaphragme près. Sur le piqué, le vignettage et la densité, les fixes font donc du très bon boulot. Mon reproche porte principalement sur les écarts de couleur entre les références.

Ça ne m’a pas donné envie de tout remballer pour retourner chez Freewell. D’abord parce que la dérive existe aussi sur mon matériel Freewell et que je ne la trouve pas meilleure. Ensuite parce qu’il restait une pièce importante à tester : le variable.

NiSi True Color VND 1–5 stops : le filtre qui m’a réconcilié avec les variables

J’ai longtemps détesté les ND variables. Sur le papier, c’est génial : plusieurs densités dans un seul filtre, un réglage immédiat et moins de changements à faire. Sur le terrain, mes expériences m’avaient surtout laissé le souvenir de dérives colorimétriques importantes et d’un vignettage parfois franchement déconnant.

Appareil photo reflex équipé d’un objectif zoom, en gros plan

Un ND variable fonctionne avec deux polarisants superposés que l’on fait tourner l’un par rapport à l’autre. Plus on les croise, plus on coupe de lumière. Ce fonctionnement explique aussi pourquoi une plage trop ambitieuse peut poser problème, notamment avec l’apparition d’une croix sombre et des variations de couleur.

Depuis un an, les membres de mon équipe me répétaient que les variables avaient beaucoup progressé. Histoire de ne pas mourir con, j’ai donc essayé celui de NiSi. Et je ne m’attendais vraiment pas au résultat.

Une plage limitée à 1–5 stops, mais exploitable

La première chose qui m’a intrigué, c’est cette plage de 1 à 5 stops. Quand la concurrence affiche du 2–8 ou du 1–9, ça peut sembler radin. NiSi présente pourtant cette limitation comme un choix destiné à rester dans une zone exploitable, en évitant les extrêmes où les défauts deviennent plus difficiles à maîtriser.

Gros plan sur une molette graduée de 3 à 5, avec la mention « MAX »

Pour aller plus loin, il est possible de superposer un ND16 de 4 stops au variable. On obtient alors une plage de 5 à 9 stops avec les deux filtres montés, en complément des 1 à 5 stops du variable seul. Ce sont deux éléments que l’on combine selon le besoin, pas un unique VND qui parcourrait toute cette plage sans changement.

J’aime bien cette logique. Une fiche technique un peu moins spectaculaire, mais une image qui reste exploitable dans la plage prévue : c’est exactement le genre de compromis qui m’intéresse sur un tournage.

Un vrai défaut de manipulation, et la réponse ProLock

Le gros point noir du variable est mécanique. Quand je tourne la bague pour régler la densité, j’entraîne parfois le filtre entier, qui peut sortir de sa zone de verrouillage. Sur un système magnétique, faire tourner une commande sans entraîner son support demande une certaine attention.

NiSi propose une bague ProLock lumineuse, annoncée à 25,90 € au moment du test. Sa zone de verrouillage élargie doit permettre de mieux maintenir le filtre lors du réglage. C’est une réponse intéressante au principal problème de manipulation que j’ai rencontré.

Je n’ai toutefois pas pu tester cette bague ProLock. Elle n’était pas disponible lorsque j’ai tourné, et j’attendais son retour en stock en France. Je compte l’acheter, mais je ne peux pas présenter son efficacité comme un résultat mesuré de ce test.

Très peu de dérive, un excellent piqué

Optiquement, ce VND claque sa race de poney unijambiste. La dérive est très faible, et surtout, elle reste constante sur toute la plage. De la butée minimale à la butée maximale, je ne vois pas la couleur partir dans une nouvelle direction.

Pour mon usage, c’est énorme. Je peux ajuster la densité au cours d’un plan sans avoir à rattraper une variation de teinte provoquée par le filtre. C’est précisément ce que je reprochais aux variables depuis des années.

Le vignettage augmente à mesure que j’assombris, mais il reste acceptable et largement corrigeable, même au maximum.

Le piqué demeure excellent sur toute la plage, y compris à la butée la plus dense. La densité annoncée correspond également à celle que j’ai mesurée en studio.

À ma grande surprise, le ND variable est donc la meilleure partie du système JetMag Pro pour mon travail vidéo. Il garde une couleur stable, ne détruit pas la définition et reste sur une plage raisonnable. Franchement, ce filtre, c’est de la boulette frite aux petits oignons caramélisés.

Les limites du système JetMag Pro à connaître avant de s’équiper

Pas de filetage frontal pour mes bonnettes

Les filtres testés n’ont pas de filetage à l’avant. Une fois dans l’écosystème JetMag, on dépend donc de ses accessoires pour empiler d’autres éléments. C’est une vraie limite quand on utilise des filtres particuliers d’une autre marque.

J’utilise par exemple beaucoup de bonnettes avec mes optiques anamorphiques, dont la distance minimale de mise au point est souvent trop longue. Une bonnette me permet de me rapprocher du sujet. Avec un JetMag devant, je ne peux pas simplement la visser par-dessus.

Dans cette situation, je reprends mes ND classiques avec un filetage frontal. Une bague magnétique portant un pas de vis à l’avant serait une solution intéressante : elle permettrait de conserver une ouverture vers les accessoires que NiSi ne propose pas. En attendant, le JetMag ne remplace pas tout ce que j’ai dans le sac.

Le pare-soleil d’origine ne passe plus

Le fait de couvrir plusieurs diamètres avec un seul jeu de filtres a une contrepartie : les filtres dépassent de certaines optiques. Sur les configurations de mon test, je ne peux plus remettre le pare-soleil d’origine.

Objectif photo NIKKOR Z 24–70 mm sur fond sombre

En extérieur, cela m’expose davantage aux flares et aux reflets parasites. Ce n’est pas ingérable, mais il faut surveiller l’angle du soleil et sa position par rapport à l’objectif.

Au moment du tournage, NiSi annonçait un accessoire de type matte box magnétique dans sa feuille de route. Je l’attends avec intérêt. Une grosse matte box en run and gun, c’est parfois pénible ; un petit accessoire qui se fixe directement au système pourrait être beaucoup plus pratique. Je parle bien d’un accessoire attendu, que je n’ai pas testé.

La Roadmap de NiSi.

Le ND32 fixe manque à mon usage

Autre frustration : je n’ai pas de ND32 fixe dans la gamme décrite au moment du test. Le VND couvre cette densité puisqu’il atteint 5 stops, mais cela ne remplace pas forcément un filtre fixe dans un kit que l’on a acheté pour travailler avec des fixes.

J’utilise souvent cette densité en vidéo, notamment dehors quand on n’est pas encore sous le soleil de midi en plein été. Elle permet de garder une configuration simple sans basculer sur le variable. Devoir acheter un autre filtre plus coûteux uniquement pour retrouver cette densité, je trouve ça dommage.

Prévoir des bouchons et des bagues supplémentaires

Le bouchon d’origine de l’objectif ne se remonte pas non plus sur la configuration montrée au test. Si vous laissez les bagues JetMag sur toutes vos optiques, il faut prévoir les protections magnétiques adaptées.

Le script cite des bouchons entre environ 29 et 60 € pièce selon la version, et des ensembles avant/arrière autour de 52 à 80 €. Les protections sont solides, mais sur cinq ou six objectifs, on commence à parler d’une somme. Il ne faut donc pas calculer son budget à partir du seul prix du premier kit.

Le compromis est clair : beaucoup de vitesse et de polyvalence dans un parc équipé, mais moins de compatibilité universelle avec les accessoires déjà possédés. C’est un système fermé, et il faut accepter ce fonctionnement en connaissance de cause.

Prix des NiSi JetMag Pro : combien coûte vraiment l’écosystème ?

Les prix ci-dessous sont les ordres de grandeur cités pendant mon test, variables selon le format, le kit et le revendeur. Ce ne sont pas des tarifs actualisés en permanence.

Pièces circulaires métalliques et boîtiers disposés sur une surface sombre

L’entrée de gamme évoquée est le kit Capture, autour de 250 à 300 €. Il regroupe UV, CPL, bagues, protections et pochette. C’est une porte d’entrée dans le système, mais ce n’est pas forcément le kit le plus intéressant pour tourner avec des ND.

Le Filmmaker 82MAG se situe autour de 420 €. Il propose des ND fixes, un Black Mist, les bagues et les accessoires de rangement. C’est déjà un ensemble cohérent pour travailler, même si mon test optique m’oriente finalement davantage vers le variable.

La gamme comprend aussi des kits Black Mist, Night, Landscape et Cinema. Dans mon script, le Black Mist est autour de 310 €, le Night autour de 320 € et le Cinema autour de 555 €, arrondi à environ 560 € à l’oral. Le format choisi a un gros effet sur l’addition : le 95MAG coûte plus cher, et les configurations MaxMag destinées à certaines optiques sans filetage ou aux diamètres cinéma passent au-dessus de 660 € dans les exemples cités.

Pour le variable, le VND Flex 1–5 stops est présenté autour de 250 à 350 € selon la taille. Les kits Mist Creative VND, qui ajoutent de la diffusion, sont cités autour de 350 à 520 €. Là encore, il faut regarder la composition exacte du kit, pas seulement le nom de la gamme.

Appareil photo Nikon monté sur un trépied devant plusieurs radiotélescopes paraboliques

Les filtres peuvent aussi être achetés à l’unité. Le script donne des ordres de grandeur allant d’environ 60 à 190 € pour les ND fixes, autour de 78 € pour un CPL, de 155 € pour un VND et de 70 € pour un Black Mist, selon les versions, avec des bagues autour de 14 à 35 €. Ces chiffres servent à situer le budget ; ils ne permettent pas d’attribuer le même prix à toutes les tailles.

Et surtout, le prix du kit ne sera probablement pas votre prix final. Deux ou trois bagues pour équiper plusieurs optiques, un ND supplémentaire, un deuxième Mist, un bouchon par objectif et une autre pochette : le panier grimpe vite.

Si vous avez deux objectifs et que vous sortez la caméra trois fois par an, je ne vois pas beaucoup d’intérêt à immobiliser autant d’argent dans cet écosystème. Deux bons filtres au bon diamètre peuvent très bien suffire. En revanche, avec plusieurs optiques, plusieurs caméras et des changements permanents sur le terrain, le temps gagné commence à justifier l’investissement.

Une caméra à plusieurs milliers d’euros mérite de toute façon un filtre cohérent avec la qualité de l’ensemble. Cela ne veut pas dire qu’il faut acheter le kit le plus cher. Cela veut dire qu’il faut réfléchir au verre que l’on place devant son objectif avec autant de sérieux qu’au reste du matériel.

Pourquoi je passe de Freewell à NiSi malgré les défauts des ND fixes

La réponse à ma question de départ est oui : je passe au système NiSi. Mais je n’en ressors pas avec l’enthousiasme uniforme que j’imaginais. J’avais placé beaucoup d’espoir dans la couleur des fixes, et je ne suis satisfait qu’à moitié. Le variable, lui, m’a convaincu bien au-delà de mes attentes.

Le point qui pèse le plus dans mon choix reste la continuité de l’écosystème. Avec la mise à jour Freewell V2, certaines tailles que j’utilisais ont disparu ou ne correspondaient plus à mon parc. Cette régression m’a fait peur.

Gros plan sur la tête métallique d’un rasoir à plusieurs lames

Quand on achète un système fermé, on paie les filtres présents dans le sac, mais aussi la possibilité d’en ajouter plus tard. Un nouvel objectif, une autre densité, un besoin de diffusion : on veut pouvoir compléter ce qu’on possède déjà. Si le fabricant casse cette continuité, l’investissement peut vite se transformer en cul-de-sac.

NiSi me donne pour l’instant davantage confiance sur ce point. La gamme s’enrichit, de nouveaux filtres et adaptateurs arrivent, les GND ont été ajoutés et la ProLock répond à une difficulté réelle de manipulation. Je vois un système en construction, avec une feuille de route.

Je ne peux évidemment pas garantir ce que fera la marque dans cinq ans. Mais les signes actuels vont dans le sens de ce que j’attends d’un écosystème dans lequel j’investis pour travailler. C’est un choix de confiance, avec toutes les limites que cela implique.

À qui je conseille les JetMag Pro, et quel filtre choisir ?

Si vous cherchez surtout à équiper deux objectifs pour un usage occasionnel, je vous orienterais vers deux bons filtres adaptés à ces optiques. Vous économiserez une belle somme et vous éviterez de multiplier les accessoires spécifiques.

Pour un photographe de paysage, le système est intéressant grâce aux ND, aux GND et à la possibilité d’utiliser un porte-filtre de 100 mm. Les différences de couleur entre les fixes peuvent être moins gênantes qu’en vidéo, puisqu’on développe généralement chaque image individuellement. Il faut tout de même connaître le comportement de ses filtres.

Pour la vidéo avec plusieurs optiques, plusieurs diamètres et des journées où chaque changement compte, le JetMag devient beaucoup plus pertinent. Je trouve l’ergonomie excellente, le verrouillage très rassurant et le passage d’un objectif à l’autre particulièrement pratique pour mes productions vidéo.

Si je devais choisir un kit pour mon usage vidéo, je privilégierais le variable. Le True Color 1–5 stops est la vraie surprise de ce test : très peu de dérive, une couleur constante et un excellent piqué. Moi qui étais plutôt allergique aux VND, il m’a réconcilié avec le principe.

Filtre circulaire pour objectif photo, avec bague de réglage graduée de 2 à 5 MAX

Gardez simplement les contraintes en tête. Avec des bonnettes ou des filtres de diffusion un peu exotiques, le JetMag ne sera pas votre solution unique. Personnellement, je conserve des ND classiques dans mon matériel pour les situations où le filetage frontal reste indispensable.

Je passe donc chez NiSi avec un avis nuancé sur les fixes, mais un vrai enthousiasme pour le variable. Ce n’est pas le résultat que j’attendais en commençant ce test, et c’est aussi ce qui l’a rendu intéressant.

Caractéristiques techniques

Fixation Bague vissée sur l’objectif, fixation magnétique et verrouillage mécanique par rotation

Construction et repérage Cerclages métalliques et poignées colorées selon le type de filtre

Traitements de surface Traitements Nano hydrophobe, oléophobe et à faible réflexion

Nicolas Aune est Directeur Artistique basé à Marseille. Fondateur d’Épicentre Production et créateur de la chaîne YouTube PUShAUNE, il évolue depuis plus de 15 ans dans les domaines de la publicité, de la mode et du corporate. À travers ses productions photo et vidéo, il partage son expérience du terrain au travers de tests matériel, de tutoriels et de retours d’expérience dédiés à la photographie, à la vidéo et le développement WordPress.

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