Test du Nikkor Z 100-400mm dans le parc national du Mercantour

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Je profite d’un trek dans le Mercantour pour tester une optique indispensable à tout photographe nature : le 100-400m de la gamme Z.

J’ai testé le Nikon Z 100-400mm f/4.5-5.6 VR S dans un environnement exigeant : le parc national du Mercantour, et plus précisément dans la vallée des Merveilles. Trois jours de randonnée en montagne étaient l’occasion idéale pour mettre à l’épreuve ce téléobjectif que j’attendais depuis longtemps.

Avant de passer à la monture Z, j’utilisais le 80-400mm en monture F. C’était l’une de mes optiques favorites : reportage au Mexique, treks en montagne, compétitions sportives comme la finale du MotoGP à Valence, photographie animalière… Il m’accompagnait partout.

Cependant, monté sur le Nikon Z9 via bague FTZ, il révélait certaines limites : autofocus moins réactif, équilibre perfectible, performances optiques en retrait face aux standards actuels.

L’arrivée du 100-400mm natif en monture Z promettait de corriger ces défauts. L’objectif de ce test est simple : vérifier s’il répond réellement aux exigences du terrain et s’il mérite sa place dans le sac d’un photographe de nature.

Spoiler : oui.

Pourquoi un 100-400mm est indispensable en photographie de paysage et de nature

Le 100-400mm n’est pas une optique “spectaculaire” sur le papier. Son ouverture maximale de f/4.5-5.6 peut sembler modeste face aux zooms f/2.8 plus lumineux. Pourtant, sur le terrain, sa polyvalence en fait un outil redoutable.

Entre 200mm et 400mm, les possibilités créatives changent radicalement :

  • Compression des plans en montagne
  • Isolation d’un détail dans un paysage vaste
  • Capture d’animaux à distance
  • Photographie sportive en extérieur
  • Travail subtil sur les arrière-plans et le hors-champ

En photographie de nature, la longue focale permet de s’éloigner physiquement tout en se rapprochant visuellement. Elle offre une lecture différente du paysage, plus graphique, plus minimaliste.

La longue focale : raconter une histoire sans tout montrer

Travailler à 400mm permet de jouer avec le hors-champ.
Plutôt que de montrer l’intégralité d’une scène, on extrait un fragment : une crête éclairée, un arbre isolé, une silhouette dans la brume.

Cette approche rappelle la narration visuelle des estampes japonaises : une partie de l’histoire est visible, le reste est suggéré. Le spectateur complète mentalement la scène.

Avec un téléobjectif comme le 100-400mm, il devient possible de :

  • Simplifier la composition
  • Épurer le cadre
  • Concentrer l’attention sur un élément précis
  • Créer de la tension visuelle

Ne pas tout montrer, c’est parfois ce qui rend une image plus forte.

Autofocus du Nikon Z 100-400mm : performances en photo et en vidéo

Autofocus en photographie : rapide et fiable

En photographie, l’autofocus du Nikon Z 100-400mm f/4.5-5.6 VR S est tout simplement excellent.

Monté sur un Nikon Z9, il bénéficie pleinement du système AF hybride avancé du boîtier. Résultat :

  • Accroche rapide du sujet
  • Suivi efficace en animalier
  • Détection fiable des yeux
  • Aucun décrochage notable

Sur des sujets en mouvement (bouquetins, oiseaux, scènes sportives) le couple Z9 + 100-400mm se montre particulièrement performant. En photo, il n’y a aucune faiblesse à signaler.

Autofocus en vidéo : performant mais parfois hésitant

En vidéo, le comportement est légèrement différent.
Une fois le sujet verrouillé, le suivi reste stable et fiable. La détection animale fonctionne correctement, même à longue distance.

En revanche, lorsque plusieurs éléments se superposent dans le cadre (par exemple un animal partiellement caché derrière des herbes ou un rocher), l’autofocus peut hésiter :

  • Difficulté à prioriser entre premier plan et sujet principal
  • Micro-ajustements visibles
  • Légères transitions de mise au point parfois perceptibles

Ce type de situation est exigeant pour n’importe quel système autofocus. Il est également important de rappeler que les réglages AF du Z9 demandent une certaine maîtrise pour être optimisés en vidéo.

En résumé :

  • Très fiable en photo
  • Bon en vidéo
  • Peut hésiter dans des scènes complexes avec obstruction

Un téléobjectif pensé pour la vidéo : silence et fluidité

L’un des gros points forts du 100-400mm en monture Z, c’est son fonctionnement silencieux.

Contrairement à l’ancien 80-400mm en monture F, aucun bruit moteur perceptible :

  • Mise au point totalement silencieuse
  • Aucun “pompage” audible
  • Zoom fluide
  • Transitions douces

Même en captation sonore directe, l’objectif ne génère aucun bruit parasite. Si un son est capté, ce ne sera certainement pas celui du moteur autofocus.

On sent clairement que Nikon a conçu cette optique pour répondre aux besoins hybrides photo/vidéo. Pour les créateurs de contenu, vidéastes nature ou documentaristes animaliers, c’est un vrai plus.

Poids et transport : un téléobjectif adapté au terrain

Un 100-400mm est par définition une optique de terrain.
En animalier ou en paysage, il faut souvent marcher plusieurs heures, voire plusieurs jours, pour atteindre le spot.

Dans le cadre de ce test, l’objectif a été utilisé en pleine montagne, dans la vallée des Merveilles, à plusieurs jours de marche de toute infrastructure. Dans ces conditions, chaque gramme compte.

Bonne surprise :
Le Nikon Z 100-400mm pèse environ 1 355 g, soit plus de 100 g de moins que le 80-400mm en monture F (environ 1 480 g).

Sur le papier, l’écart peut sembler faible.
Sur un sac porté plusieurs heures en montagne, la différence est réelle.

Ce gain de poids, combiné à l’équilibre natif sur les boîtiers Z, améliore nettement le confort d’utilisation sur le terrain.

Transport en randonnée : un 100-400mm compatible avec le trek

En photographie de nature, la question du poids est centrale.

Lors d’un trek en montagne, un sac photo peut facilement atteindre 20 kg.
En bivouac, on dépasse rapidement les 24 à 26 kg avec :

  • Matériel photo/vidéo
  • Eau et nourriture
  • Équipement technique
  • Vêtements
  • Matériel de sécurité

Dans ce contexte, gagner plus de 100 g sur une optique longue focale n’est pas anodin.
Sur plusieurs heures (voire plusieurs jours de marche) chaque gramme économisé améliore le confort.

Le Nikon Z 100-400mm reste une optique sérieuse, mais son poids reste cohérent avec un usage terrain exigeant.

Équilibre avec le Nikon Z9 : un duo cohérent

L’un des points les plus réussis de cette optique est son équilibre sur le Nikon Z9.

Monté sur le boîtier, l’ensemble est : stable, bien réparti, sans bascule vers l’avant.

On sent clairement que l’objectif a été pensé pour fonctionner avec les boîtiers professionnels de la gamme Z.

Sur des boîtiers plus légers comme les Z6 ou Z7, l’équilibre peut légèrement basculer vers l’avant, ce qui est logique avec une longue focale. Mais sur Z9, l’ergonomie est excellente.

Pour un photographe animalier ou paysage travaillant en conditions difficiles, cette cohérence boîtier/objectif est un vrai avantage.

Portage terrain : Peak Design ou harnais double épaule ?

En randonnée courte, un système type Peak Design Capture Clip permet de garder le boîtier accessible et de déclencher rapidement.

Sur une journée de marche, cela fonctionne très bien, même si le poids se fait sentir sur une seule épaule.

En revanche, sur des treks plus longs ou avec un sac lourd, il devient préférable d’utiliser un système répartissant la charge sur les deux épaules, comme un harnais intégré à un sac technique type Wandrd.

L’avantage :

  • Répartition équilibrée du poids
  • Moins de tension cervicale
  • Accès rapide au matériel
  • Meilleure stabilité en terrain accidenté

En montagne ou sur des passages techniques (via ferrata, pierriers, pentes raides), ce type de portage est nettement plus confortable et sécurisé.

Absence de verrouillage du zoom : un détail à connaître

Contrairement à l’ancien 80-400mm en monture F, le Nikon Z 100-400mm ne dispose plus d’un bouton de verrouillage (lock) à la focale minimale.

Conséquence :

  • Lors du transport dans une housse ou dans le sac,
  • Le zoom peut légèrement s’allonger sous l’effet de la gravité.

Il ne s’agit pas d’un véritable “zoom creep” en usage normal.
En prise de vue, même orienté vers le bas, le zoom reste stable et ne bouge pas.

Le phénomène apparaît principalement au moment de sortir l’objectif du sac.

Ce n’est pas rédhibitoire, mais c’est un point à connaître pour les photographes habitués au système de verrouillage de l’ancienne version.

Plage focale 100-400mm : un zoom extrêmement polyvalent

Le Nikon Z 100-400mm f/4.5-5.6 VR S couvre une plage focale de 300 mm, ce qui en fait un zoom particulièrement polyvalent.

Cette amplitude permet de :

  • Photographier de l’animalier à longue distance
  • Capturer des scènes sportives
  • Isoler des détails en paysage
  • Réaliser de la proxy-photographie

En montagne, cela signifie pouvoir passer rapidement :

  • D’un animal à plusieurs centaines de mètres
  • À un détail de roche, une texture, un insecte ou une fleur

Cette polyvalence est un vrai atout sur le terrain, où changer d’objectif n’est pas toujours possible.

Distance minimale de mise au point : un vrai bond en avant

L’une des améliorations majeures par rapport au 80-400mm en monture F concerne la distance minimale de mise au point.

  • Ancien 80-400mm : environ 1,75 m à 80 mm
  • Nouveau 100-400mm Z : environ 70 cm

Cette réduction quasi de moitié transforme complètement l’usage de l’objectif.

Concrètement, cela permet :

  • De faire de la proxy-photographie très convaincante
  • De capturer des insectes
  • De photographier des petits oiseaux
  • De travailler des détails de matière ou de végétation

Dans certaines situations, cette capacité peut presque remplacer un objectif macro, tout en conservant la possibilité de zoomer immédiatement à 400 mm.

C’est probablement l’un des points les plus forts de cette nouvelle version.

100mm au lieu de 80mm : un léger manque en paysage ?

Le seul vrai regret concerne le passage de 80 mm à 100 mm en focale minimale.

Ces 20 mm peuvent sembler anecdotiques, mais en paysage, ils offrent parfois une respiration supplémentaire dans le cadre.

À 100 mm, on peut se sentir légèrement plus “serré” qu’avec un 80 mm, notamment :

  • Pour des plans larges compressés
  • Pour intégrer un peu plus d’environnement autour d’un sujet

Cela reste un point d’adaptation plus qu’un défaut réel. Après quelques jours d’utilisation, le cadrage devient naturel. Mais pour un photographe habitué au 80-400mm, la différence est perceptible.

Stabilisation : des images nettes même après une longue journée

En photographie animalière ou en trek, on travaille rarement dans des conditions idéales.

Après plusieurs heures de marche en montagne, la fatigue s’installe.
Pourtant, les images réalisées à main levée en fin de journée restent parfaitement exploitables.

Le système de stabilisation combiné (VR optique + stabilisation boîtier sur Nikon Z9) est particulièrement efficace :

  • Plans à 400 mm nets à main levée
  • Vidéos stables sans support
  • Pas de micro-vibrations gênantes

Même en étant fatigué après une journée complète de marche, il est possible de :

  • Shooter à 400 mm
  • Capturer des animaux en mouvement
  • Tourner des séquences vidéo propres

Le poids et l’encombrement ne deviennent pas un handicap. Au contraire, l’équilibre et la stabilisation rendent l’ensemble très exploitable sur le terrain.

Qualité optique du Nikon Z 100-400mm : analyse terrain

Un téléobjectif de ce gabarit n’a d’intérêt que si la qualité d’image suit.
Après plusieurs jours d’utilisation en montagne, avec des fichiers bruts analysés à 100 %, voici un retour détaillé.

Netteté en photographie animalière : correcte mais sans effet “waouh”

En animalier, les résultats sont bons… mais pas révolutionnaires.

Sur des sujets complexes — par exemple un bouquetin partiellement masqué par des branchages — la mise au point est bien réalisée. Le sujet est net, même à f/5.6, et l’autofocus fait correctement son travail.

Cependant, en examinant les fichiers RAW à 100 %, le piqué n’apparaît pas exceptionnel :

  • Les détails fins dans le pelage manquent parfois de micro-contraste
  • Certaines zones semblent légèrement “douces”
  • Pas de gain spectaculaire par rapport à l’ancien 80-400mm

Ce n’est pas mauvais.
Mais ce n’est pas un bond en avant significatif non plus en animalier pur.

À 400 mm, à pleine ouverture, les fichiers restent exploitables professionnellement — simplement, on n’obtient pas un rendu radicalement supérieur à la génération précédente.

Netteté en paysage : un niveau de détail impressionnant

En revanche, en photographie de paysage, le 100-400mm révèle tout son potentiel.

Sur des scènes larges avec compression des plans :

  • Les détails dans les roches sont très précis
  • Les textures sont bien définies
  • Le contraste est propre
  • Les ombres conservent de la matière
  • Les zones lumineuses restent détaillées

Même en présence de voile atmosphérique (brume, humidité avant orage), l’objectif restitue une quantité d’information très solide.

À 100 %, les fichiers RAW sont particulièrement nets, sans retouche appliquée.
Le niveau de détail est homogène du premier plan à l’arrière-plan.

C’est clairement en paysage que cet objectif excelle.

Capteur vs optique : un point important

Oui, les tests ont été réalisés sur un Nikon Z9.
Oui, le capteur joue un rôle important.

Mais il ne faut pas oublier un principe fondamental :
un capteur performant ne peut exploiter que l’information que l’optique lui transmet.

Un excellent capteur avec une optique moyenne limitera toujours le résultat final.

Ici, le 100-400mm fournit suffisamment de résolution et de contraste pour exploiter pleinement le potentiel du Z9 en paysage. La quantité de données optiques transmise est au niveau attendu pour une optique de série S.

Performances dans les basses lumières et tons sombres

Dans les scènes contrastées (roches sombres, zones en ombre profonde) le rendu reste propre :

  • Peu de “bavure”
  • Détails conservés
  • Transitions nettes
  • Absence de flou diffus non maîtrisé

Les fichiers sortis bruts sont déjà très exploitables.
La retouche devient un choix esthétique, pas une correction obligatoire.

Bilan sur la qualité optique

En pratique, le Nikon Z 100-400mm délivre une excellente performance en photographie de paysage. Le niveau de détail est élevé, les textures sont bien restituées et l’ensemble de l’image conserve une très bonne homogénéité, du centre jusqu’aux bords. On obtient des fichiers propres, précis et immédiatement exploitables, même sans retouche poussée.

En revanche, en photographie animalière, s’il reste parfaitement compétent, il n’apporte pas de gain spectaculaire par rapport à l’ancien 80-400mm en monture F. La qualité est au rendez-vous, mais l’évolution n’est pas aussi marquante que ce que l’on pourrait attendre sur ce terrain précis.

Ce 100-400mm apparaît clairement optimisé pour :

  • La compression des plans en paysage
  • Les scènes photographiées à longue distance
  • Les ambiances atmosphériques avec brume ou voile lointain
  • Une utilisation polyvalente en conditions de terrain exigeantes

En résumé, c’est un très bon objectif pour l’animalier, mais un objectif réellement excellent pour le paysage.

Conclusion : faut-il acheter le Nikon Z 100-400mm f/4.5-5.6 S ?

Après trois jours de trek intensif en montagne, avec de longues heures de marche et une utilisation quotidienne sur le terrain, le verdict est clair : le Nikon Z 100-400mm f/4.5-5.6 VR S est une réussite.

Les points positifs sont nombreux :

  • Un poids réduit par rapport au 80-400mm en monture F, appréciable sur plusieurs jours de randonnée
  • Un équilibre parfait sur le Nikon Z9
  • Un autofocus fiable en photo
  • Une utilisation vidéo silencieuse et sans pompage
  • Une stabilisation efficace, même à main levée après une journée de marche
  • Une qualité optique particulièrement impressionnante en paysage

Le gain de plus de 100 grammes peut sembler anecdotique sur le papier. Sur le terrain, après des heures de dénivelé, il fait réellement la différence.

En vidéo, l’absence de pompage est un vrai confort. Les transitions sont fluides, silencieuses, et permettent de réaliser des séquences longues sans distraction technique. Couplé à la stabilisation du Z9, l’ensemble offre des plans stables et exploitables même à 400 mm.

Est-ce une optique parfaite ?
Non. En animalier pur, elle n’apporte pas un bond spectaculaire par rapport à l’ancienne génération. Mais elle reste solide et fiable.

En revanche, en paysage et en usage polyvalent outdoor, elle excelle.

C’est clairement une optique que je garderai dans mon sac pour mes prochains treks, et que j’emmènerais sans hésiter sur un reportage à l’étranger.

En résumé : si vous faites de la randonnée, du paysage, du sport outdoor ou de l’animalier occasionnel, le Nikon Z 100-400mm est une optique extrêmement complète.

C’est un objectif pensé pour le terrain, et ça se ressent.

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